Plus de quarante et un millions de voyages en 2013 contre 33,8 millions en 2012. L'effet tramway a joué à plein à Dijon. Les deux lignes inaugurées en septembre et en décembre 2012 représentent 49% de la fréquentation du réseau des transports en commun Divia, soit 46 000 voyages par jour sur la ligne 1 et 38 000 sur la 2.

"Nous sommes satisfaits mais aussi un peu surpris par la rapidité avec laquelle la population dijonnaise s'est faite au nouveau réseau. Nous sommes en avance d'un an sur nos prévisions", explique André Gervais. Pour le délégué au tramway et aux modes doux du Grand Dijon, ce succès est dans la continuité de la politique des déplacements de l'agglomération depuis une dizaine d'années : "Nous avons a hiérarchisé le réseau de bus en 2004 en créant notamment les lignes fortes appelées les Lianes, puis nous l'avons restructuré en 2012 en prévision de l'arrivée du tram".

Autre explication de ce succès rapide, l'effet réseau apporté par la mise en service simultanée des deux lignes de tramways.


+20,5% de fréquentation et 45% d'abonnés

Au-delà d'une progression de trafic de 20,5% en un an, la grande satisfaction des élus locaux est de voir le nombre d'abonnés bondir de 45%, dans 23 des 24 communes de l'agglomération. "A Chenove, ville desservie par le tram, le nombre d'abonnés est passé de 3 038 à 4 066, mais à Fontaine-les-Dijon qui n'est pas reliée au tramway, ce chiffre a quasiment doublé passant de 927 à 1 614", se félicite André Gervais.  La baisse d'abonnés constatée dans une seule commune est liée à un effet démographique, selon l'élu.

Victime de son succès, le tramway risque-t-il la saturation ? "La ligne 1 est à saturation aux heures de pointe du matin, mais on s'y attendait. C'est une ligne qui dessert les facultés, l'hôpital et les plus gros pôles de l'agglomération. La ligne 2 traverse des quartiers en développement, ce qui nous laisse encore de la marge. Mais si l'ensemble du réseau continue à progresser à ce rythme, ça va poser problème", craint A. Gervais

Pour faire face à cette croissance, Dijon qui pourrait commander de nouvelles rames plus tôt que prévu, travaille à l'amélioration des lignes de bus fortes du réseau, les fameuses Lianes, dont la principale (L5) transporte près de 19 000 voyageurs au quotidien.


"Prioribus"

"Nous avons un projet appelé "Prioribus" qui doit permettre, grâce à l'aménagement de sites propres et de pôles d'échanges, d'augmenter la vitesse commerciale de ces Lianes. Sur des trajets d'une heure à une heure trente, nous pouvons gagner une quinzaine de minutes en moyenne." Une opération d'autant plus importante qu'elle concerne cinq Lianes représentant 37% de la fréquentation du réseau.

Avec 91% d'opinions positives parmi les clients et 96% qui recommanderaient l'utilisation des transports dijonnais à leurs proches, le réseau Divia, exploité par une filiale de Keolis, atteint un niveau de satisfaction des voyageurs quasi-soviétique.

Robert Viennet