Jean Bessière qui préside la Commission mixte paritaire réunissant les syndicats cheminots et l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) en vue de conclure une convention collective valable pour tous les salariés du rail (SNCF et entreprises privées) en a certes sous le pied, mais l'exercice est ardu.

L'ex-Directeur du Travail missionné par Michel Sapin et Frédéric Cuvillier a beau avoir à son actif la négociation de la convention collective des dockers, il a de longs mois devant lui pour mettre d'accord les syndicats et le patronat du rail.
Le 4 février, il les a réunis pour la deuxième fois en quelques semaines, non plus comme avant Noël à l'Institut des jeunes sourds de Paris, mais au 24e étage de l'Arche de la Défense, dans les locaux de la Direction générale des infrastructures de transport et de la mer (DGITM). "On avait pris de la hauteur", glisse un participant.

L'UTP qui avait mené à terme en 2011 les accords de la convention collective de salariés du fret ferroviaire avec les organisations syndicales a proposé de reprendre les négociations en vue d'une convention collective globale de la branche (fret et voyageurs, soit près de 170 000 salariés) sur la même base méthodologique. "Les syndicats cheminots ont globalement accepté l'architecture de ce protocole d'accord, mais ils veulent revoir à la hausse les moyens humains nécessaires à cette négociation", indique une source proche du dossier.

Une nouvelle version du protocole sera présentée lors de la prochaine réunion de la commission mixte paritaire, le 27 mars, dans les locaux de l'UTP, rue d'Anjou. Cette date n'est pas anodine, car d'ici là, il y aura eu des élections professionnelles à la SNCF et l'équilibre de forces syndicales sera peut-être différent.

En attendant, la DGITM a présenté aux partenaires sociaux la liste des entreprises qui répondent aux critères d'application du "décret socle" (règles sociales communes dans le secteur ferroviaire et qui devraient être calquées sur celles en vigueur à la SNCF, le gouvernement voulant éviter à tout prix de se mettre les cheminots à dos) et de la convention collective fixés par le projet de loi de réforme du rail qui sera devant le Parlement à partir de la mi-juin.
Outre la SNCF, cette liste fournie par l' compte Thello, Eurostar, VFLI, Euro Cargo Rail RDT 13, Trenitalia, Renfe etc. , mais les organisations syndicales ne sont pas convaincues de son exhaustivité. L'UTP, par exemple, la juge incomplète. Copie à revoir pour le 27 mars aussi.

Nathalie Arensonas