Après être repartie à la hausse, la qualité de service dans les TER de la région Paca s’est à nouveau dégradée ces derniers mois : suppression de trains et retards ont été le lot quotidien des 100 000 voyageurs qui chaque jour, se déplacent en train.

En cause, d’importants travaux réalisés sur les voies, mais surtout un défaut de maintenance du matériel roulant. "Les problèmes étaient passés un peu inaperçus il y a deux ans car on n’utilisait pas la totalité du parc roulant pour effectuer l’offre de transport conventionnelle" , explique Jean-Yves Petit, vice-président régional en charge des transports.

"Or, avec le plan PrioriT, la réforme tarifaire, les difficultés pour circuler, se garer et la hausse du coût d’usage de la voiture, les Provençaux se sont tournés vers le TER". En atteste la hausse de la fréquentation (+2%) enregistrée en 2013. 

 

Blocage

Actuellement 90% des 750 trains en circulation sont entretenus au technicentre de la Blanquarde à Marseille. Une infrastructure aujourd’hui saturée et inadaptée. "Je regrette que la SNCF n’ait pas eu la capacité d’anticiper les besoins dans ce domaine. Des investissements sont programmés, mais ils arrivent trop tard".
Le conseil régional a en effet prévu d’investir 50 millions d’euros dans les lieux de remisage de Marseille, Avignon, Nice, Cannes, les Arcs, pour accroître la capacité de maintenance.

En attendant la réalisation de ces travaux, la direction de la SNCF a indiqué en janvier 2013 avoir voulu mettre en place une nouvelle organisation du travail pour assurer l’entretien et la réparation des trains la nuit et le week-end.  C'est-à-dire lorsque  peu de TER sont en service. L’idée consistait à étendre de 40 à 100 heures par semaine les plages dédiées à la maintenance. "La situation est aujourd’hui bloquée suite à un refus du personnel concerné", constate Jean-Yves Petit.


Lettre à Guillaume Pepy

Ne pouvant assurer l’entretien de ses trains, la SNCF a donc décidé de mettre en place un plan de transport allégé. Du 10 février au 18 avril 2014, les services seront réduits de 7,5%, soit 60 trains supprimés par jour. "Ainsi, les usagers ne subiront plus des suppressions de train intempestives et imprévisibles", indique la compagnie ferroviaire.
En échange, les abonnés du TER et les détenteurs de la carte Zou 50/75% peuvent monter dans les TGV et les Intercités-Corail.

Michel Vauzelle, président de la région PACA, a adressé en février 2014 un courrier à Guillaume Pepy, président de la SNCF. Il lui demande "d’entériner par un avenant l’impact financier de ces modifications de service et de prévoir une diminution de la contribution financière régionale au prorata de la réduction de l’offre".

En 2013, la Région à versé 250 millions d’euros à la SNCF pour l’exploitation des TER. "En 2014, nous devrions y consacrer 270 millions d’euros", précise Jean-Yves Petit.