Comme elles l'avaient annoncé en septembre 2013 à Nantes, lors du congrès de l'Association des régions de France (ARF), neuf régions françaises ont décidé de s'affranchir de la SNCF pour acheter leurs trains régionaux.

Les neuf régions en question sont Rhône-Alpes, l’Aquitaine, les Pays de Loire, l’Auvergne, la Bourgogne, la Picardie, Provence-Alpes-Côte-D’azur, Poitou-Charente et la région Ile-de -rance. "La décentralisation nous a donné des compétences, mais nous ne sommes pas encore au bout du chemin, notamment sur la question du matériel. Actuellement, nous participons à la marge à l’élaboration des cahiers des charges", rappelle Eliane Giraud, vice-présidente en charge des transports en Rhône-Alpes à l'initiative de cette opération. "Or dans ce domaine, notre rôle est cantonné à la signature de chèques pour financer des trains qui ne nous appartiennent qu’au bout de 36 ans". C'est-à-dire quand ils commencent à être à bout de souffle.

La première étape de cette émancipation, qui va bouleverser les relations entre ces autorités organisatrices et la SNCF, aura lieu le 20 février 2014 avec la création de "l’association d’études sur le matériel ferroviaire roulant", qui doit être validée en séance plénière de la région Rhône-Alpes.

 

Ingénierie financière

"Le matériel roulant doit être un élément dynamique de nos politiques. L’augmentation de la fréquentation de nos trains régionaux nous oblige à acquérir du matériel plus capacitaire, plus confortable et innovant en matière de services", explique Eliane Giraud.

Premier objectif de cette association, mener différentes études. Tout d’abord sur les matériels, mais aussi sur les questions de financement. Les régions comptent ensuite exercer un contrôle des coûts d’achats, vérifier les délais de fabrication et de livraison et regarder de près les montages financiers. "Faire de l’ingénierie financière n’est pas une honte. Au contraire, il faut s’inscrire dans une démarche dynamique de gestion à long terme. Nous souhaitons être moteur de nos décisions".

Pour cela, des études techniques et de financement vont être lancées. Les membres de l’association prévoient également d’aller étudier "ce qui se fait à l’étranger. Nous avons décidé de réfléchir ensemble pour trouver des solutions modernes et innovantes. Ensuite, nous discuterons avec la SNCF et tous les acteurs concernés", explique Eliane Giraud.

 

Christine Cabiron avec Robert Viennet