Le groupe de transport public qui exploite des réseaux de transport urbain en France et à l'étranger (Lyon, Lille, Bordeaux, Tours, Melbourne, Stockholm, etc.) compte s'attaquer à la fraude "qui représente 70 millions d'euros de manque à gagner", selon son dirigeant Jean-Pierre Farandou.
Il s'est exprimé le 6 mars 2014 sur ce sujet, à l'occasion de la présentation des résultats de Keolis.

En 2013, la SNCF avait estimé le coût de la fraude à 200 millions d'euros, la RATP à 100 millions et Pierre Mongin avait alors jugé le montant des amendes "pas assez dissuasif".

Globalement, le taux de fraude tournerait autour de 10% dans les transports urbains français (les réseaux de transport public ne communiquent pas leurs chiffres et il n'existe pas de statistique nationale officielle), "mais ça ne signifie pas qu'il y a 10% de fraudeurs, et 90% de gens qui paient les transports publics : tout le monde fraude 1 à 6 fois par an, pour une raison ou pour une autre", constate Jean-Pierre Farandou.

Plutôt qu'une réponse répressive, le dirigeant du groupe préfère une approche commerciale : si des contrôleurs (certains en civil sont déployés sur les lignes de bus et de métro) verbalisent un fraudeur, ils peuvent lui proposer de troquer son amende par un abonnement de 3 mois au réseau de transport. Et pourquoi pas un mois ? Parce que ce serait moins cher que le montant de l'amende...

Et pour dissuader les petits malins qui utilisent des appli smartphone et les réseaux sociaux pour localiser les contrôleurs, Keolis les sature avec de fausses informations. Du coup, il y a des contrôleurs partout  et personne ne sait plus démêler le vrai du faux.

Objectif, regagner 50 à 60 millions d'euros en luttant plus efficacement contre les saute-portillons, même si c'est surtout dans les tramways qu'il est plus facile de passer sans payer. "La tolérance à la fraude est plus forte en France que dans d'autres pays européens (notamment en Allemagne, NDLR), constate le patron de Keolis qui souhaite sensibiliser les procureurs et le Trésor public à recouvrir les amendes avec plus d'assuidité.

N.A.