Dans l'accord programmatique qu'ils ont signé entre les deux tours des municipales, Christophe Najdovski (EELV) et Anne Hidalgo (PS), la nouvelle maire de Paris, évoquent la"création de liaisons entre les gares par des systèmes de transport innovants".

MobiliCités peut révéler en exclusivité que la solution retenue est la mise en service de lignes de véhicules électriques et automatiques, circulant en surface sur une voie réservée. La première de ces lignes, qui sera inaugurée en 2019, reliera les gares de Lyon et d'Austerlitz.

Ce projet sera piloté par la RATP en collaboration avec l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets) et plusieurs autres partenaires dont le CEA de Grenoble, EDF et Bolloré. Le constructeur breton fournira des véhicules sans conducteurs de 8 mètres de long pouvant transporter 20 personnes, inspirés de son projet de Bluetram. Ils seront guidés par un système de boucles magnétiques implantées dans la chaussée et animées par la fameuse batterie Batscap qui équipe les Autolib. Circulant à une vitesse maximum de 40 km/h ils seront bardés de systèmes de sécurité, notamment de radars anti collision mis au point par Fiat.

40 ans après

Un système qui n'est pas sans rappeler le projet Aramis développé dans les années 70 par Matra. Mais à la différence des voitures d'Aramis, qui étaient guidées par un rail et des murets en béton, les voies du projet parisien, libres de tout équipement de surface, pourront être traversées par les piétons ce qui explique les systèmes de détections dont seront équipés les véhicules qui serviront également lors de la traversée des carrefours.

Si les liaisons entre les gares de Lyon et d'Austerlitz, très proches l'une de l'autre ou entre gare du nord et gare de l'Est ne semble pas poser de problème technique insurmontables, l'exercice sera sans doute plus difficile pour relier la gare de Lyon à la gare du Nord distantes de 5 km. PS et EELV se donnent un peu plus de temps, sans doute à l'horizon 2025, pour achever leur projet qui serait une première mondiale.

Une prudence sans doute nécessaire pour éviter que toute cette histoire ne se termine en queue de poisson.

Robert Viennet