Cette fois-ci, tu crois que c'est la bonne ? La question rebondit sur les murs de la salle où les journalistes sont réunis pour assister à "l'acte fondateur" de lancement de ce serpent de mer qu'est la liaison ferroviaire rapide entre Paris et son plus gros aéroport international. Les trois signataires veulent y croire. "Pour ADP ce projet est prioritaire nous avons bon espoir que 2023 soit un objectif tenable", a déclaré Augustin de Romanet. "Cette volonté partagée est bien la traduction que nous sommes entrés en phase de réalisation", a insisté Jacques Rapoport. Quant à Frédéric Cuvillier il considère que "nous sommes entrés dans l'opérationnel (…) en 2017, nous commençons (ndlr les travaux), en 2023, nous l'utilisons."

Le secrétaire d'Etat aux transports veut désormais aller vite après des décennies d'atermoiements. La société "CDG Express Etudes SAS" qui sera chargée de "mener toutes les études nécessaires" en vue de la réalisation de cette liaison devra rendre ses conclusions début 2015 a indiqué Jacques Rapoport."Plutôt fin 2014", a rectifié Frédéric Cuvillier.

Une fois le projet affiné "et les risques clairement identifiés pour mieux les maitriser", il faudra finaliser le plan de financement. Le coût de cette liaison est aujourd'hui évalué à 1,7 milliard d'euros. L'étude devra préciser le coût réel qui sera financé à parts égales par ADP et RFF. "Pour ce genre de projet nous avons besoin de 20% de fonds propres, le reste sera de la dette. Nous ferons notamment appel au fonds d'épargne destinés à financer les projets structurants des collectivités et gérés par la Caisse des dépôts", a précisé Augustin de Romanet qui fut président de la Caisse des dépôts jusqu'en 2012.

32 km en 20 mn

Pour parcourir les 32 km de cette liaison dédiée en 20 mn, soit un gain de temps de 15 mn par rapport au RER B, il en coûtera 24 euros par voyage. Un prix trois fois plus élevé qu'un billet de RER, "mais nettement moins que ce que coûte un Londres Heathrow", a indiqué Frédéric Cuvillier. Devrait s'ajouter à ces recettes une contribution de 1 euro pour chaque passager transitant par Roissy. Malgré cela, le taux de rentabilité de la ligne ne devrait pas dépasser 6%. Un niveau de rentabilité classique pour ce type de projet mais inhabituel pour une entreprise comme ADP. Nous l'avons accepté parce que sa non réalisation serait encore plus coûteuse pour ADP", a expliqué Augustin de Romanet.

Si tout se passe comme prévu les travaux pourraient débuter en 2017. Ils nécessiteront la construction d'une "virgule" à la sortie de la Gare de l'Est, pour rejoindre le réseau ferroviaire Nord jusqu'à Mitry-Mory ou 8 kilomètres de voies nouvelles seront construites le long de la ligne à grande vitesse. Sa mise en service est prévue pour 2023

Robert Viennet