Une page se tourne au Gart après la vague bleue des municipales qui a donne la majorité à la droite. Du moins au niveau de la gouvernance. Parce qu'au plan de la ligne politique de cette association d'élus en charge de la mobilité et des transports publics, il ne devrait pas y avoir de changement notable. "Entre moi et Roland Ries il y a parfois quelques nuances mais nous défendons une cause commune qui est le transport public. Globalement, nous sommes d'accord", a déclaré Louis Nègre lors d'une conférence de Presse. Le changement de gouvernance aura lieu en septembre 2014, à l'issue d'un conseil d'administration. Louis Nègre candidat désigné de la droite et qui ne suscite pas d'opposition à gauche, devrait être élu sans problème même si "respectueux des règles de l'association", le futur président dit attendre la rentrée.

La gouvernance change, mais les dossiers restent les mêmes. Roland Ries et Louis Nègre ont longuement insisté sur les deux plus urgents à leurs yeux : le financement des transports publics et notamment du troisième appel à projets "transport collectifs et mobilité durable" suspendu au sort de l'écotaxe et la mise en œuvre de la décentralisation et de la dépénalisation du stationnement payant.

Le grenelle s'éloigne

Pour Roland Ries, la situation du transport public a fortement évolué ces dernières années "Nous sommes passé d'un extrême à l'autre. Quand j'ai pris la présidence du Gart, en 2008, le Grenelle avait remis le transport public sur l'agenda des politiques publiques. Grâce aux deux premiers appels à projet, les collectivités ont pu mettre en œuvre 1000 kilomètres de transport en site propre." En 2014, la situation est très différente" et "l'histoire dira peut-être que les manifestations des bonnets rouge ont sonné le glas des espérances du Grenelle". Si le troisième appel à projet pour lequel l'Etat s'est engagé à apporter 450 millions d'euros, n'est pas financé, c'est 122 projets de transport en site propres concernant 78 collectivités et 14 millions d'habitants qui ne verront pas le jour.

Et comme le Gart ne voit aucune alternative à l'écotaxe pour financer les infrastructures, il réclame toujours avec force sa mise en œuvre. Pour Louis Nègre il est paradoxal de voir que "les collectivités ont de moins en moins d'argent à investir pour développer les transports publics alors que ces derniers sont de plus en plus fréquentés." Un "effet ciseau" qui met en péril le cercle vertueux dans lequel est engagé le transport public.

Second dossier urgent, la décentralisation et la dépénalisation du stationnement payant sur voirie. La loi l'autorisant a bien été votée en décembre 2013, encore faut-il la mettre en œuvre. Le Gart a mis en place trois groupes de travail qui seront chargés de "faire des propositions à l'Etat" et plus précisément au délégué ministériel dont la nomination n'a toujours pas été annoncée. Il y a urgence puisque la réforme doit entrer en vigueur au 1er janvier 2016.

Robert Viennet