Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) en a rêvé, le Parlement l’a fait. La taxe de séjour spécifique à l’Ile-de-France a été adoptée, le 26 juin 2014, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative à l’Assemblée nationale. L’amendement présenté par le député PS, Olivier Faure, et 11 députés franciliens du groupe SRC, stipule que cette taxe sur les nuits d’hôtels s’élèvera à 2 euros par personne et par nuitée de séjour. La recette attendue de 140 millions d’euros par an est destinée à financer les transports collectifs dans le cadre du Nouveau Grand Paris. Elle doit entrer en vigueur dès le 1er septembre 2014.

Financer les transports

Entre le vœu exprimé par le conseil d’administration du Stif, le 5 juin 2014, et le vote de l’amendement, il s’est passé trois semaines… Il y avait, semble-t-il urgence à trouver une solution au financement des transports en Ile-deFrance. En effet, dans le cadre du protocole Etat-Région relatif à la mise en œuvre du plan de mobilisation pour les transports dans le cadre du Nouveau Grand Paris, l’Etat s’était engagé à trouver "les moyens permettant à la Région de sécuriser dès 2014 son effort supplémentaire au plan de mobilisation entre 2013 et 2017, en tenant notamment compte des effets de montée en charge des projets concernés". Il était alors question de trouver 150 millions d’euros de recettes supplémentaires par an...

Une taxe sur les touristes

Concrètement, cette taxe sur les nuits d’hôtels spécifique à l'Ile-de-France touchera les touristes. "Il y a une logique à ce que le tourisme finance les transports en Ile-de-France où de nombreux sites prestigieux sont desservis. Le RER A avait été prolongé pour EuroDisney, les touristes vont en train à Versailles, Fontainebleau, Barbizon", justifie Olivier Faure, député de Seine-et-Marne.

Il existe déjà une taxe de séjour dans les communes touristiques. A Paris, son montant est de 1,50 euro par nuitée pour les hôtels 4 et 5 étoiles ; 1,30 pour les trois étoiles ; 78 centimes pour les deux étoiles et 42 centimes pour les hôtels d’une étoile. Les députés ont, également, décidé de relever le plafond de cette taxe de séjour de 1,50 euro à 8 euros par personne et par nuitée. Il appartient à chaque municipalité de fixer le montant maximum.

Dans les grandes villes européennes comme Bruxelles, Berlin, Genève, Rome ou Barcelone, le niveau des taxes analogues "est en moyenne quatre à cinq fois supérieur", selon les données citées par le directeur des finances de la mairie de Paris, auditionné en avril par la mission parlementaire sur la fiscalité des hébergements touristiques. En Ile-de-de-France, la taxe de séjour a rapporté, en 2011, 57 millions d’euros pour les communes et EPCI pour 68 millions de nuitées.