Premières livraisons du Regio 2N aux régions françaises ; dernière ligne droite pour l’homologation de son train à grande vitesse, Frecciarossa 1000 en Italie ; mise en service des premiers bus 100% électriques sous la technologie Primove en Allemagne en 2014 ; monorail Innovia… a présenté ces différentes solutions de mobilité lors du salon InnoTrans à Berlin du 23 au 28 septembre 2014. Son portefeuille vise à répondre aux besoins de transport de masse lié à l’urbanisation. Lors de sa conférence de presse, le président et chef de l’exploitation de Bombardier Transport, Lutz Bertling, a également insisté sur les investissements réalisés pour optimiser la consommation d’énergie et réduire les coûts globaux du cycle de vie du matériel roulant.

Une capacité croissante

Le Regio 2N, train articulé de la gamme Omneo, répond à ce besoin capacitaire, en particulier pour des lignes à fort trafic qui rejoignent la capitale. Celui de la région Centre était exposé au salon InnoTrans et sera mis en service début 2015. Au total, 14 rames commandées pour la ligne TER Nogent-le-Rotrou-Chartres-Paris empruntée par 22 000 personnes chaque jour. Les rames à deux niveaux, permettent de gagner 10% de capacité grâce à des trains plus larges et un gain de place sur la ventilation remplacée par une climatisation par le toit. La plateforme permet, ainsi, d’aligner 5 sièges en 3+2.

Les portes mesurant 1,60 mètre au lieu d’un 1,30 auparavant, garantissent "un meilleur temps d’échange", a souligné Jean Bergé, président de Bombardier Transport France. Cela va réduire le temps d'arrêt du train aux gares. Enfin, le nouveau système de freinage va permettre d'éliminer les effets de patinage liés aux feuilles qui s’accumulent sur la voie et qui obligeaient les conducteurs à ralentir. Autant de détails qui devraient permettre d’améliorer encore la ponctualité de ces TER.

Le constructeur a profité de la semaine de la mobilité du 16 au 22 septembre 2014, pour communiquer sur le Regio 2N dans les gares. Le slogan de l’affiche, "", rappelle que le Regio 2N est construit dans son usine de Crespin près de Valenciennes qui emploie 2000 salariés.

Moins cher que le métro

Son monorail, Innovia 300, sans conducteur, répond également aux besoins capacitaires de ses clients. Utilisé jusqu’ici pour de courtes distances, notamment pour faire des navettes d’aéroports, le constructeur doit livrer, en 2016, une version d'Innovia à São Paulo pour une ligne de 24 kilomètres, 54 trains monorails à sept voitures, équipés du système de contrôle automatique Cityflo 650. "Je suis convaincu que c’est une solution au transport de masse", a expliqué Lutz Bertling lors de sa conférence de presse sur le salon InnoTrans. Le président de Bombardier a ainsi, souligné qu’Innovia 300 "permet de mettre en service des lignes plus rapidement qu’un métro et pour beaucoup moins cher".

Bombardier vise particulièrement le marché des pays émergents qui doivent répondre à une urbanisation croissante. Les pays européens sont davantage réticents à construire des infrastructures de béton en plein air.

La très grande vitesse

Bombardier a, également, exposé au salon Innotrans, le Frecciarossa 1000 de sa gamme Zefiro, son train à très grande vitesse (360 km/h) commandé par Trenitalia. Une première sur ce marché pour Bombardier même si le constructeur n’est pas novice puisqu’il a participé à l’expérience TGV en France, ICE en Allemagne, et l’AVE en Espagne. Le Frecciarossa 1000 est né d’une joint venture entre Bombardier et AnsaldoBreda (groupe Finmeccanica), ce dernier ayant fabriqué les rames dans son usine de Vado Ligure en Italie.

Actuellement, le constructeur réalise les derniers tests pour l’homologation et annonce une mise en service commerciale en juin 2015. Trenitalia a commandé 50 trains pour faire la liaison Milan-Naples via Rome. Le Frecciarossa 1000 comporte quatre classes – économique, premium, business et exécutive. Cette dernière ressemble aux business class dans l’aéronautique – fauteuils spacieux et espacés les uns des autres avec une salle de réunion.

Bombardier fait valoir que sa gamme Zefiro est interopérable avec la France, la Belgique, la Suisse, l’Autriche, l’Espagne et les Pays-Bas. Le constructeur insiste, également, sur l’aérodynamisme du train et sa motorisation répartie sur quatre voitures au lieu de deux, ce qui permet une meilleure optimisation de l’énergie.

Un bus 100% électrique

Enfin, Bombardier a également présenté son offre de mobilité urbaine sur le salon InnoTrans. En particulier, sa solution Primove qui permet de faire rouler, 24h/24, des bus 100% électriques qui ont la même capacité de passagers qu’un bus diesel grâce à des batteries de petite dimension qui se rechargent aux stations via un système de "biberonnage" par en dessous. En réalité, Primove réunit trois technologies en une : un système de recharge par induction, une batterie (fabriquée par un partenaire) et un système de propulsion et de contrôle.

La solution Primove est en service à Braunschweig en Allemagne depuis mars 2014 avec un bus de 12 mètres de long, Berlin et Manheim suivront cet hiver avec des bus de 18 mètres. "Ce sera le premier bus au monde 100% électrique de cette longueur qui sera en circulation", a souligné Jérémie Desjardins, business leader du projet Primove chez Bombardier.

"Le rail résiste à la crise. Il a un futur et continue à croître", s’est félicité Lutz Bertling, lors de présentation des résultats financiers du groupe. Il faut dire qu’en matière de transport de masse, le train est imbattable : "A Shanghai, la ligne 12 transporte 2460 passagers toutes les 3-5 minutes, un A380, c’est 853 personnes…"

Florence Guernalec (Salon InnoTrans, Berlin)

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