"Je sonne le tocsin, c'est clair et net", a déclaré Louis Nègre, président du Groupement des autorités responsables de transport (Gart), le 8 octobre 2014, lors d'une conférence de presse tenue en commun avec l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et la Fédération nationale des associations  d'usagers des transports (Fnaut).

Pour ces trois grands acteurs du transport public, il y a urgence. "On peut se demander quelle place l'Etat veut faire aux déplacements du quotidien, un bien commun aussi important que le logement", se sont interrogés en choeur Louis Nègre, Jean-Marc Janaillac, président de l'UTP et Jean Macheras de la Fnaut. En cause, la batterie de mauvaises nouvelles tombées ces derniers mois : la TVA à 10%, la disparition des écrans radars du troisième appel à projets mobilité durable, les menaces qui pèsent sur le versement transport…

Quel avenir pour l'AFITF ?


Et comme si ça ne suffisait pas, le gouvernement vient d'abandonner en rase campagne l'écotaxe dont le produit était censé assurer le financement des infrastructures de transport. De quoi faire à nouveau retentir les clochers de nos campagnes. Ce que n'ont pas manqué de faire, dans un communiqué, les trois acteurs précités auxquels se sont associés les élus départementaux, la fédération des industries ferroviaires et la Fédération nationale des travaux public. Histoire de montrer que l'impact de cette nouvelle "reculade gouvernementale" allait toucher un secteur qui représente plus de 600 000 emplois directs et directs en France.

"Sans cette ressource, c'est l'avenir de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) qui se trouve posé et, plus encore, le financement d’une centaine de projets de transport en commun en site propre et le volet transport des contrats de plan Etat-Régions qui se trouvent directement menacés", alerte le communiqué.

Même l'annonce gouvernementale des deux centimes additionnels sur le gazole, pour financer les infrastructures ne rassure pas : "Je n'ai pas l'impression que la doctrine du gouvernement soit vraiment établie", explique Louis Nègre.

L'appel en appel ?


Pourtant, "la construction d'infrastructures de transport est indispensable si on veut assurer le report modal de la voiture vers les transports en commun", explique Jean-Marc Janaillac. Pour preuve : "En 2013, l'augmentation de la fréquentation a été de 2,7% en moyenne dans les réseaux urbains, mais de 4% dans les agglomérations dotées de transport en commun en site propre." C'est, notamment, pour cette raison "que nous insistons beaucoup pour que soit enfin relancé l'appel à projets mobilité durable," conclut le président de l'UTP.

Petite lueur d'espoir ? Selon le Gart, la DGITM (Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer) a demandé aux collectivités de confirmer, avant le 31 octobre prochain, le maintien ou non leur candidature à cet appel à projets et, le cas échéant, de présenter les modifications qu'ils souhaitaient y apporter.

Robert Viennet