Le réseau urbain de Metz appelé le Met', a franchi la barre des 16,2 millions de voyages la première semaine d'octobre 2014. Ce qui représente, en un an, une augmentation de la fréquentation de 21%. Ces bons résultats sont directement imputables à la mise en service de Mettis, le bus à haut niveau de service (BHNS) déployé sur 18,5 kilomètres, dont 90% en site propre. Mais pas seulement puisqu'à cette occasion, l'offre de transport collectif a été restructurée et hiérarchisée.

Désormais, 40% des voyages sont réalisés avec Mettis et autant sur les cinq lignes structurantes baptisées Lianes. Ces lignes disposent de la même fréquence et de la même amplitude que le BHNS. A savoir, un bus toutes les 10 minutes de 5h45 à minuit. "Nous sommes plutôt satisfaits des premiers résultats car nous pensons avoir capté une nouvelle clientèle", explique Marie-Anne Isler Beguin, vice-présidente de Metz métropole (230 000 habitants) en charge des transports et de la mobilité. "Du fait de l'amplitude horaire, les actifs travaillant tôt le matin ou tard le soir peuvent se déplacer en transport public, ce qui n'était pas le cas avant Mettis".

Pas de souci technique

Mettis est né de la volonté des élus messins de déployer un véhicule hors du commun, situé à mi-chemin entre un bus et un tramway. D'une part pour créer un effet de surprise, et d'autre part pour des questions d'efficacité et de coût. A la demande de la collectivité, Van Hool a donc imaginé un bus composé de trois caisses, long de 24 mètres (le double d'un bus classique) et doté d'une motorisation hybride. Un marché portant sur la fabrication de 27 véhicules.

"Nous croisons les doigts, mais jusqu'à présent nous n'avons pas eu de souci technique, excepté un problème lié aux rampes d'accès. Les palettes étaient trop courtes. Nous avons donc dû les changer", précise l'élue. Côté consommation, la collectivité dit avoir économisé l'équivalent de 288 000 litres de gazole en un an. Les rejets de CO² ont également été réduits de 884 tonnes.

"Mettis est notre porte-étendard qui démontre que le service public de transport en commun est efficace, fiable, moderne, agréable et confortable. Ce BHNS a eu un effet d'entraînement absolument incroyable". Il a notamment donné un coup de pouce aux mobilités actives telle que la marche et le vélo. Ainsi, les locations de VeloMet' ont bondi de 70% en un an. Au point que la collectivité a décidé de porter le parc à 310 vélos. Tout comme elle souhaite relancer l'autopartage.

Post-Paiement

En septembre 2014, Metz métropole a instauré une tarification solidaire basée sur les revenus. "Nous avons décidé de porter le quotient familial de 700 à 900 euros. Grâce à cette mesure, 20% de familles supplémentaires ont pu bénéficier de réductions particulièrement importantes". Par ailleurs, le prix du titre unitaire est passé de 1,40 à 1,50 euro. Celui-ci est vendu 1,70 à bord des bus. "Ces mesures représentent un effort financier de 4,2 millions d'euros par an. C'est un choix politique assumé, destiné à favoriser les déplacements en transport public".

Les aménagements urbains visant à augmenter la vitesse commerciale en donnant la priorité aux bus "classiques" y contribuent également. Une prochaine étape est prévue en janvier 2015 avec l'instauration du post-paiement. "Une partie des Messins n'achètent pas d'abonnement, car ils estiment que c'est trop cher ou parce qu'ils ne se déplacent pas suffisamment. Avec le post paiement, l'idée est de leur donner le goût du transport public et de les amener à s'abonner", espère Marie-Anne Isler Beguin.

Christine Cabiron