Le maire du IIIe, Pierre Aidenbaum, peut être satisfait. Le 21 octobre 2014, le Conseil de Paris a rendu un avis favorable à l’instauration d’une zone 30 dans le IIIe arrondissement de la capitale. Le quartier se caractérise par des rues étroites et une affluence de touristes en raison notamment du musée Picasso. Plusieurs raisons plaident en faveur d’une généralisation des zones 30 en centre-ville : une réduction du risque d’accidents corporels et mortels (1), une diminution du bruit (2) et de la pollution (3). La mesure pourrait, ainsi, entrer en vigueur dans le IIIe dès 2015.

L'UMP vote contre voeu pr passage en zone 30 du 3e arrdt. C'est vrai que rouler à 50km/h rue Archives ou rue Temple c'est fondamental !

— Christophe Najdovski (@C_Najdovski)

En juin 2013, Paris comptait 74 zones 30 selon la mairie de Paris, le programme d’aménagement de la voirie "La rue en partage" en prévoyait la création de 5 supplémentaires et l’extension de 25 zones 30 actuelles. Lors de la campagne des municipales de mars 2014, Anne Hidalgo avait promis de généraliser les zones 30 "aux alentours de tous les lieux fréquentés par les enfants - les écoles, les crèches, les gymnases, les centres de loisir, les conservatoires". Dans un tweet daté du 25 octobre 2014, l’élu EELV et adjoint au maire en charge des déplacements, Christophe Najdovski, voit plus loin : "Vers Paris ville 30, 1ère étape".

Un mouvement contrarié


Pourtant, la généralisation des zones 30 en centre-ville reste une question sensible, surtout pour les automobilistes. La pétition européenne lancée en février 2013 par un collectif d’associations (4) issues de 18 pays de l’Union européenne, a échoué à récolter le million de signatures nécessaire dans sept pays de l’Union pour contraindre la Commission européenne à se saisir de leur demande. A l’arrêt de la collecte mi-novembre, la France avait recueilli plus de 44 000 signatures, il en fallait 55 000. De même, le maire de Strasbourg, Alain Ries, avait essuyé un échec lors du référendum organisé en mai 2011.

Cependant, plusieurs villes ont sauté le pas : en France, Lorient (Morbihan) dès 2009, Sceaux (Haut-de-Seine), Fontenay-aux-Roses (et plus récemment Beauvais (Oise) depuis le 1er juillet 2014. En Europe, Graz (Autriche), Berlin, Munich, Cologne et Karlsruhe (Allemagne) et d'autres aux Pays-Bas…

Florence Guernalec

(1) Une diminution de 5% de la vitesse réduit le risque d’accident corporel de 10% et le risque d’accident mortel de 20% (source : l’Office National de la Sécurité Routière).

(2) Une réduction de la vitesse de 50 à 30 km/h permet une diminution du bruit estimée entre 2 à 3 dB(A) (source : Ademe – Agence de l’Environnement et de la Maîtrise d’Energie).

(3) Une réduction escomptée des gaz à effet de serre qui pourrait atteindre 40 % sur les axes en zone 30 (source : CEESAR – Centre Européen d’études de sécurité et d’analyse des risques).

(4) En France, cinq associations ont soutenu la pétition : Les Droits du Piéton, Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), Fédération française des usagers de la bicyclettes (FUB), France Autopartage et Rue de l’avenir.