Le 13 décembre 2013, au plus fort du pic de pollution, les Parisiens ont inhalé jusqu'à 6 millions de particules fines par litre d'air. "C'est une situation semblable à celle du tabagisme passif. Un test en laboratoire a montré que la fumée de huit cigarettes dans une pièce d'environ 20 mètres carrés produit autant de particules", révèle l’étude, dévoilée le 24 novembre 2014, par l'association Airparif, chargée de mesurer la qualité de l'air à Paris.


"L'essentiel de notre action doit être tourné vers la diminution de la pollution au quotidien", souligne le maire-adjoint chargé des Transports, Christophe Najdovski. "Car même lorsqu'on n'est pas en pic, les effets de la pollution sont délétères sur la santé". Pour lui, c'est "une question de volonté politique", et "à Paris, Anne Hidalgo et ses partenaires écologistes ont cette volonté d'aboutir sur cette question", a-t-il assuré.

Le diesel persona non grata

"Il y aura de premières mesures en 2015 de restriction d'accès au quotidien pour les véhicules les plus polluants", a déclaré l'élu parisien, à l'AFP. "On est sur mi-2015," a-t-il précisé, ajoutant que la ville "veut quelque chose de progressif et concerté".
Le plan est "en cours de discussion avec les professionnels: transporteurs de marchandises, autocaristes... mais aussi les élus de la métropole, ainsi que l'Etat sur les aspects identification et contrôle des véhicules", a précisé Christophe Najdovski, alors que 200 villes européennes sont déjà dotées, certaines depuis 20 ou 30 ans, de ces zones à circulation restreinte dites "zones à faibles émissions".

Le plan vise aussi à développer les alternatives à la voiture (covoiturage, extension du tram, lignes de bus électriques à haut niveau de service...). "Mais on sait très bien que les incitations ne suffisent pas", ajoute l'élu. "Donc, il nous faut aussi avoir des mesures de restriction de la circulation automobile. Et c'est là où on veut agir sur la qualité du parc roulant (constitué à 60% de véhicules diesel), de manière à n'autoriser que les véhicules les moins polluants et aussi inciter les gens à basculer vers ces véhicules".

Une question d'échelle

Quant au périmètre, "on y réfléchit", mais "agir à l'échelle d'un hypercentre n'aura que peu d'effet. L'idéal serait qu'on puisse agir sur un territoire à l'intérieur de l'A86 (non comprise), soit Paris et une bonne partie de la petite couronne", a-t-il indiqué.
A la suite de la loi Grenelle, la droite avait défendu des projets de "zones à faibles émissions" dans les grandes villes. Socialement délicat, car excluant de fait les possesseurs des véhicules diesel les plus anciens des centres-villes, le projet avait été enterré par la gauche, qui a relancé en revanche l'idée d'une circulation alternée lors des pics de pollution, ainsi mise en place pendant une journée en région parisienne en mars.

Jusqu'ici, la ville disposait d'une série d'outils en période de pic, notamment la gratuité du stationnement résidentiel et, au bout du 3e jour, des Vélib’ et Autolib’.