Comment financer des transports moins émetteurs de gaz à effet après l'évanouissement du milliard d'euros annuel tant attendu de l’écotaxe ? Cette question atténue la portée du volet transport de la 3e édition de la Conférence environnementale qui se tient le 27 et 28 novembre 2014 à Paris. Son lancement à l'Elysée a donné lieu à un discours de près d'une heure du président de la République sur une "France qui veut être exemplaire" en matière écologique.  

Le gouvernement et l’Elysée ont dévoilé, à cette l’occasion, 54 mesures destinées à favoriser une mobilité plus verte pour les personnes et les marchandises. La liste comporte des propositions très disparates qui sont le fruit de discussions menées depuis juillet 2014 entre le gouvernement, des associations, des syndicats, des entreprises, des experts dans l'esprit du Grenelle de l'environnement.  Les transports publics étaient représentés, pour la première fois, à la conférence environnementale à travers Jean-Marc Janaillac, président de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP). Son délégué général, Claude Faucher, y était au titre du Medef.

La feuille de route 2015 comporte ainsi :

  • Des initiatives institutionnelles 

- l’organisation par le Gart et l’UTP d'une table ronde avec les constructeurs sur les bus propres, sans doute au second semestre 2015 ;
- l’organisation par l’Etat d’une table ronde nationale sur la logistique ; 
- la réalisation, en 2015, d'une étude sur l’impact environnemental et socio-économiqe d’une baisse de la vitesse autorisée sur les routes ;
- l’organisation possible par le ministère de l’Ecologie d’une campagne de communication nationale pour encourager le remplissage des véhicules de covoiturage ; 
- une réflexion entre le gouvernement et les autorités organisatrices de la mobilité sur la conception, les fonctionnalités et la gestion des pôles multimodaux de transport de voyageurs ; 
- un état des lieux de l’offre de transport public interurbain de voyageurs, avec l’objectif de mieux articuler les modes de transports (mode routier et ferroviaire principalement) 

  • Des initiatives pratiques

- l’élaboration d’un guide pratique pour la mise en place de plan de mobilité obligatoire dans les entreprises ou établissements de plus de 50 personnes ;
- la publication d’un référentiel sur les bonnes pratique en matière d’aire de covoiturage ; 
- l’établissement par l’Etat d’un système d’identification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes ;

  • Des mesures réglementaires

- la définition du cadre juridique du covoiturage de longue distance afin d’assurer une bonne complémentarité avec le transport ferroviaire de voyageurs ;
- la publication des mesures réglementaires du plan d’action pour les mobilités actives sur le partage de l’espace public et la sécurisation des modes actifs (respect des espaces réservés aux piétons et cyclistes, position du cycliste sur les voies, adaptation des règles de signalisation, généralisation des zones à circulation apaisée...) pour que les collectivités gestionnaires puissent rapidement les mettre en œuvre 

  • Des initiatives ou de bonnes intentions déjà lancées par les lois Grenelle de l’environnement ou annexes au Grenelle

- la volonté de continuer de développer les transports en commun en site propre ;
- le travail de la filiale ferroviaire sur l’efficacité énergétique des trains etc. ; 
- le développement des autoroutes ferroviaire ; 
- le soutien aux véhicules électriques ;
- le soutien aux opérateurs ferroviaires de proximité 

Reste que l'argent public manquant, l'ambition de transformation affichée par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, et par François Hollande, s'en trouve fatalement limitée comme l'ont noté plusieurs participants plutôt sceptiques.

"Il s'agit au moins de mesures destinées à catalyser les changements de pratiques et d'habitudes", tente de positiver un participant patronal conscient qu'en période de réduction de la dépense publique, il ne fallait pas s'attendre à un coup de baguette magique.

Marc Fressoz