Pas toujours simple de s'y retrouver dans les annonces de la Commission européenne et dans ses mécanismes de financement. Le 26 novembre 2014, Jean-Claude Juncker présentait à Bruxelles un plan d'investissement de 315 milliards d'euros sur trois ans destiné à relancer l'économie européenne. Noël avant l'heure. La réalité est plus terre à terre. En fait, la Commission européenne va créer un Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) dans lequel elle apportera 21 milliards d'euros d'argent public (dont 5 milliards provenant de la BEI) qui, par un effet multiplicateur de 15 (qualifié de modeste par la commission et d'irréaliste par d'autres experts) devrait se transformer en 315 milliards de projets.

Seront concernés par ce fonds "les investissements stratégiques d’envergure européenne dans les infrastructures, notamment dans les réseaux à haut débit et les réseaux d’énergie, de même que dans les infrastructures de transport," explique la Commission qui précise que les projets seront "choisis en fonction de leurs mérites" et pas de leur localisation géographique. En clair pas question de saupoudrer de manière équitable sur toute les pays de la communauté.

Des projets à valeur ajoutée


Reste à identifier et à choisir les projets qui ont une "véritable valeur ajoutée pour l'économie européenne" aux yeux de la Commission. Chaque pays de la communauté doit faire des propositions. En France, cela pourrait concerner dans le domaine des infrastructures de transport des projets comme :

  • CDG express
  • Grand Paris express
  • Autoroute ferroviaire atlantique
  • Plan de rénovation du réseau ferré
  • Projet d'extension du Port de Calais
  • Déploiement massif de points de charge rapide pour véhicule électrique…


Les réseaux urbains bénéficiaires ?


Une liste qui est loin d'être exhaustive. Selon nos informations, les projets locaux de transport (tramway, métro…) pourraient également en bénéficier. Une éventualité qui devrait réjouir l'Union Internationale des Transports publics (UITP) qui réclame depuis longtemps que l'Europe intervienne avec des espèces sonnantes et trébuchantes, dans le développement des réseaux locaux de transport, oubliant le sacro-saint principe de subsidiarité.

Ce fonds européen, critiqué par Emmanuel Macron pour la faiblesse de l'argent public qu'il mobilise, ne se substitue pas aux autres mesures déjà engagées par l'Europe, il les complète. C'est le cas, par exemple, des 26 milliards d'euros du Mécanisme pour l'interconnexion en Europe (M.I.E.) annoncé en septembre 2014 destinés à moderniser et à améliorer des infrastructure de transports en Europe pour la période 2014-2020. La différence, c'est que dans le cas du MIE il s'agit bien de "vrai argent" qui sera affecté directement aux projets retenus et pas de prêts remboursables à plus ou moins long terme.

Robert Viennet