La semaine dernière, Anne Hidalgo annonçait un plan d’investissements de 10 milliards d’euros pour la mandature 2014-2020 dont 900 millions pour les transports collectifs. Cette semaine, la maire de Paris a présenté les grandes lignes de son plan antipollution lors d’un entretien au Journal du dimanche du 7 décembre 2014. L’objectif ? Améliorer la qualité de l’air dans la capitale. Comment ? En mettant fin au diesel à l’horizon 2020, en limitant l’accès des voitures au centre de Paris, et en favorisant les transports collectifs et modes de transport alternatifs – voiture électriques et vélos.
Anne Hidalgo présentera, officiellement, son plan antipollution au Conseil de Paris le 9 février 2015. L'édile a l'ambition de mettre en oeuvre ces mesures l'échelle du Grand Paris, et prévoit d'ores et déjà de les présenter aux maires de la métropole début janvier 2015. Il s’agit, pour elle, de s’attaquer à un problème de santé publique mis en lumière encore récemment par l'étude d'Airparif.

Haro sur le diesel


"Nous ne voulons plus de diesel à Paris", affirme Anne Hidalgo dans l’interview au Journal du dimanche. Pour y parvenir, la maire de la capitale dit travailler avec l’Etat sur des mesures d’interdiction. Il s’agirait, notamment, d'avoir recours à un système d'identification des véhicules selon leur degré de pollution. Sont visés les autocars de tourisme, les camions qui transitent par Paris, mais aussi les voitures individuelles. Cependant, Anne Hidalgo se dit prête à faire des exceptions pour les ménages "peu fortunés" qui pourraient être autorisés à utiliser leur véhicule au diesel le week-end.

Faciliter le report modal

Parallèlement, la mairie de Paris prévoit – avec l’Etat - des aides financières pour l’achat d’un véhicule non polluant et de renforcer celles qui existent pour les vélos à assistance électrique. Dans le même esprit, il s’agira de proposer des abonnements Autolib’ et des réductions sur le passe Navigo en échange d’une mise à la casse de sa voiture au diesel.
Anne Hidalgo annonce, en outre, un plan d’installation de bornes de recharge pour les voitures électriques et des aides financières pour inciter les copropriétés à s’équiper de ces bornes, mais aussi de garages à vélos. La maire de Paris prévoit, également, un doublement du nombre de kilomètres de pistes cyclables d’ici à 2020. Il s’agira, notamment, de permettre le franchissement des portes de Paris, et de créer une traversée Nord-Sud et Est-Ouest de la capitale. Anne Hidalgo a prévu d’y consacrer 100 millions d’euros sur la mandature.

Sortir les voitures de la capitale

Enfin, le plan antipollution passera pas une restriction des voitures au centre de Paris (Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissement). Seuls, les bus, les vélos, les taxis mais aussi les résidents et les véhicules d’urgence et de livraison seraient autorisées. Il s’agirait, dans un premier temps, de mettre en place cette mesure le week-end avant de l’étendre au reste de la semaine. De plus, la maire de Paris prévoit une extension progressive des zones 30 pour limiter le 50 km/h aux grands axes de la capitale. Enfin, elle propose de réserver, aux véhicules propres, les axes de circulation les plus pollués comme la rue de Rivoli et l’avenue des Champs-Elysées.

Ce plan antipollution reprend, ainsi, la feuille de route de la majorité PS-EELV établie lors des élections municipales 2014. Il sera complété par les projets de transport en commun comme le bouclage du tramway des Maréchaux, ou la modernisation du stationnement.