C'est un revers pour les entreprises de VTC - LeCab, Green Tomato Cars et SuperShuttle -  qui avaient saisi le tribunal de commerce en référé et réclamaient de faire "cesser au plus vite" les activités d'UberPOP. Le tribunal a constaté que les décrets d'application de la loi Thévenoud encadrant l'activité des VTC et taxis n'avaient pas été publiés. "A la date où nous nous prononçons, cette date d'entrée en vigueur n'a pas été fixée", rendant impossible de se prononcer sur le "trouble manifestement illicite" invoqué par les requérants. Le 18 décembre 2014, le parquet a fait appel de la décision du tribunal de commerce.

Autre victoire pour Uber, le tribunal a décidé de transmettre à la cour de Cassation deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) soulevées par l'entreprise américaine au motif que des dispositions de la loi Thévenoud pourraient porter atteinte à la liberté d'entreprendre et au principe d'égalité.

Néanmoins,  le tribunal a estimé que la société communiquait en "termes ambigus" sur la possibilité pour ses chauffeurs de se positionner sur la voie publique, la pratique connue sous le nom de "maraude" et réservée aux taxis. Le juge demande donc aux responsables d'Uber "de retirer de leur support de communication toute mention qui présenterait comme licite le fait de s'arrêter, stationner ou circuler sur la voie publique en attente de client".

La start-up américaine avait été condamnée, mi-octobre 2014, par le tribunal correctionnel de Paris, à 100 000 euros d'amende pour avoir présenté comme du covoiturage, une offre payante de transport de particuliers, UberPOP. La start-up avait fait appel, et continue donc son activité. 

Rappelons qu'à l'étranger, les interdictions se sont multipliées ces dernières semaines : Espagne, Pays-Bas, Inde (suite à une accusation de viol) ou encore Allemagne même si dans ce dernier pays, le tribunal administratif est revenu sur sa décision. Uber est également mis en cause au Danemark, en Norvège et même aux Etats-Unis par la ville de Portland (Oregon).

Malgré la multiplication des procédures, Uber n'effraie pas les investisseurs : la start-up a, récemment, levé 1,2 milliard de dollars - elle est, désormais, valorisée à 40 milliards. Selon la radio nationale chinoise citée par le  journal Le Monde, le géant de l'internet chinois, Baidu, serait également prêt à investir dans Uber. Ainsi, l'entreprise américaine déjà présente dans plus de 200 villes réparties dans 45 pays, pourrait se développer dans la région Asie-Pacifique.