Au total, 10 560 voitures particulières électriques ont été immatriculées pendant l'année 2014 contre 8 779 en 2013, selon les chiffres du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Cette hausse de 20,3% contraste avec celle du marché des voitures neuves l'année dernière : +0,3%. Mais, les voitures électriques restent encore une goutte d’eau dans le parc. Elles ne représentent que 0,59% des 1,79 million de voitures neuves vendues en 2014.

Renault sur le podium

 

La Zoé de Renault a tiré son épingle du jeu l’an passé. Elle s'est arrogée plus de la moitié des ventes avec 5 970 exemplaires dont 1 182 en décembre. "On semble avoir atteint la vitesse de croisière. Pour 2015, l'objectif est de vendre 10 000 Zoé", dit Philippe Buros, directeur commercial France de Renault.

Nissan a séduit 1 604 acheteurs avec sa voiture moyenne Leaf, mais compte toujours atteindre entre 2 000 et 2 500 unités sur son exercice décalé qui se conclut le 31 mars, selon le président du constructeur pour l'Europe de l'Ouest, Bernard Loire.

La Bluecar de Bolloré, essentiellement dévolue aux solutions d'autopartage dans les grandes villes (dont Autolib' à Paris), a enregistré 1 170 immatriculations.

La Smart électrique (groupe Daimler) se classe quatrième avec 509 modèles vendus.

A noter les résultats de Tesla, constructeur américain qui propose sa berline "Model S" à partir de 60 000 euros : 328 exemplaires ont été immatriculés en France en 2014 en faisant le cinquième modèle électrique le plus vendu. Il promet un nouveau modèle capable de couvrir 500 kilomètres entre deux recharges.

Reste que ces résultats déçoivent notamment en raison de l’autonomie limitée (environ 150 kilomètres) et du nombre limité de points de recharge qui peuvent constituer un frein psychologique à l’achat.

"C'est vrai que les volumes sont encore assez marginaux par rapport à l'ensemble du marché, mais pour un marché aussi jeune c'est très positif", assure Marie Castelli, secrétaire générale de l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France).

Une promesse de "Superbonus"

Selon elle, les acheteurs ont pu être rebutés, en début d'année, par une modification des assiettes de calcul du bonus sur les locations longue durée (LLD), qui leur faisaient perdre un avantage de 2 000 euros. Or, 60% des immatriculations de voitures électriques ont recours à la LDD. Une fois réinstauré, ce dispositif s'est traduit par un bond des transactions lors du second semestre, selon elle.

La fin 2014 a aussi été marquée par des annonces gouvernementales destinées à soutenir le développement des voitures électriques : un "superbonus" portant à 10 000 euros, l'aide à l'achat d'une telle voiture contre la mise à la casse d'un vieux diesel, et un ambitieux programme d'installation de bornes de recharge. Près de 10 000 sont aujourd'hui disponibles.

De leur côté, plusieurs constructeurs ont adopté des mesures commerciales agressives, avec par exemple, des offres de location longue durée à partir de 169 euros par mois après apport. Nissan y inclut notamment des bons de location pour ceux qui voudraient profiter de véhicules à moteur thermique pendant leurs vacances.

Reste à voir quel est l'effet de la baisse actuelle des cours du pétrole sur les ventes de véhicules électriques.

 

Marc Fressoz avec AFP