"Les vraies réformes, les grandes réformes, elles sont forcément douloureuses et difficiles", a lancé le chef de l'Etat devant 7 000  élus rassemblées pour le Congrès des maires, à Paris, du 23 au 25 novembre 2010.  Répondant aux objections sur sa réforme des collectivités territoriales adoptée début novembre par le Parlement, il a justifié sa décision de modifier un "système épouvantablement complexe".

Cette réforme est "équilibrée, tout en préservant les communes dont je n'ai jamais été partisan de diminuer le nombre", a-t-il assuré.

Suppression de la taxe professionnelle


Aux élus qui s'inquiètent de la suppression de la taxe professionnelle qui représentait leur principale ressource fiscale, il a répondu que l'Etat avait garanti une enveloppe de 98 milliards d'euros en 2009 et en a promis une de 99 milliards pour 2010.
N. Sarkozy a justifié la mise au régime sec des collectivités locales, dont les dotations sont gelées pour trois ans, au même titre que l'Etat et la sécurité sociale.

"Expliquez-moi comment on peut sortir la France de la maladie des dépenses et de l'endettement en ne touchant qu'à 35% de la dépense publique, celle de l'Etat?", a lancé le chef de l'Etat. "Il faut qu'on s'y mette tous".
Citant, entre autres, le domaine de l'urbanisme, il a répété son souhait de "délégiférer" dès 2011, promettant qu'"il n'y aura plus une seule norme proposée au vote" du Parlement, sauf pour les normes liées à l'accessibilité des personnes handicapées.


Conférence nationale des exécutifs

Le président de l'Association des maires de France (AMF) qui organise le congrès, Jacques Pélissard (UMP), avait demandé auparavant à Nicolas Sarkozy de réactiver la Conférence nationale des exécutifs (CNE).
"Parce que nous sommes les premiers investisseurs publics et que nous assurons les services publics essentiels à nos populations, il est indispensable que nous soyons désormais associés aux décisions impactant les finances de nos collectivités", a-t-il argumenté.

"Cette concertation doit passer par une réelle activation" de la CNE, avec par exemple un secrétariat permanent, un ordre du jour, un rythme de réunions régulier, a-t-il ajouté. "Cela permettrait d'avoir enfin un vrai dialogue équilibré avec l'Etat", souligne l'AMF.

N.A