L'annulation par le tribunal administratif de la délégation de service public du réseau urbain de Valenciennes va créer une situation juridique peu commune, si ce n'est inédite. Dans un communiqué, Anne-Lise Dufour, présidente du Siturv, annonce qu'elle va contester cette décision devant le Conseil d'Etat. Mais comme cette action n'est pas suspensive et que le conseil d'Etat peut mettre plusieurs mois à rendre sa décision, elle va "dans le même temps" relancer une procédure d'appel d'offres. Une réunion du conseil syndical réunissant les élus des 81 communes de l'agglomération est convoquée le 26 janvier 2015.

En clair, cela signifie que le Siturv va devoir tout reprendre à zéro : mise en place d'une commission d'appel d'offres, nouveau cahier des charges, publication d'un appel d'offres européen au bulletin officiel et dans la presse professionnelle. De leur côté, les candidats potentiels vont engager du temps et de l'argent pour y répondre. Et le tout peut-être pour rien, si le Conseil d'Etat annule, au final, la décision du tribunal administratif. Bref, un imbroglio dont se seraient bien passés des élus valenciennois encore traumatisés par le bras de fer qui avait opposé, en 2013, l'opérateur sortant Transdev et le Siturv.

Actuellement, le réseau est opéré par RATP Dev qui avait remporté l'appel d'offres, mais au travers d'une convention temporaire de trois mois signée début janvier pour assurer la continuité du service public. Dans un communiqué, la filiale du Groupe RATP "regrette ce contentieux agressif, qui a été engagé par un concurrent (ndlr Keolis), et s'interroge sur les conséquences de cette décision."

Robert Viennet