Alors que l’indemnité kilométrique vélo a été votée, en première lecture à l’Assemblée, dans le projet de loi transition énergétique mi-octobre 2014, les résultats de l’expérimentation, qui a eu lieu du 1er juin au 1er novembre 2014, ont été dévoilés le 23 janvier 2015. Car cette indemnité kilométrique fait partie des 25 mesures du Plan d'action "mobilités actives" présenté en mars 2014.

Une part modale doublée

Premier constat, le nombre de pratiquants du vélo a doublé dans les trajets domicile-travail. Elle a concerné 419 salariés contre 200 habituellement, selon pour le compte de l’Ademe (1). L’usager recevait une indemnité kilométrique vélo de 25 centimes net par kilomètre parcouru pour son trajet domicile-travail. L’expérimentation a porté sur une population de 8000 salariés répartis dans 18 entreprises volontaires situées dans toute la France.

Ainsi, la part modale de la bicyclette a augmenté de 50% dans les trajets domicile-travail passant de 2 à 3%, donnée corrigée de l’effet favorable de la saison. Les cyclistes réguliers pratiquent le vélo de 16 à18 jours par mois contre 11 pour les nouveaux pratiquants. Cependant, un tiers de ces nouveaux adeptes a aussi utilisé sa bicyclette pour faire ses courses et/ou ses loisirs.

Un bon point pour la santé : "La mise en place de l’indemnité kilométrique permet de réduire de moitié le nombre de personnes ayant une activité physique insuffisante parmi les nouveaux usagers du vélo", explique la synthèse de l’étude.

Les autosolistes peu concernés

Surtout, le report modal se fait majoritairement depuis les transports publics, et non depuis la voiture. En effet, ces nouveaux cyclistes utilisaient à 54% les transports en commun, et seulement 19% la voiture particulière (sous forme de covoiturage) et 5% l’autosolisme. "L’efficacité du report modal depuis la voiture particulière reste à démontrer", indique l’étude en conclusion.
Il existe, cependant, de grandes différences entre l’Ile-de-France, bien doté en transports publics - la part modale a augmenté seulement de 5% - et les agglomérations de moins de 100 000 habitants où celle-ci a doublé.

Principale problème, l’indemnité kilométrique vélo entre en concurrence avec le système de remboursement des abonnements de transports en commun (TC). "En Ile-de-France et sur les réseaux urbains attractifs, y compris pour un ensemble d’autres motifs de déplacements, le renoncement à l’abonnement TC au profit d’une indemnité kilométrique vélo est peu intéressant, bien que le plafond fixé par les entreprises corresponde, dans tous les cas, a minima à 50% de l’abonnement TC de ces réseaux", explique l'étude.

Leviers et freins

Autre constat, la carotte financière semble avoir joué un rôle décisif puisque les personnes qui ont suivi l’expérimentation ont effectué des trajets de plus de 5 kilomètres contre 3,4, la moyenne observée au niveau national sur les trajets domicile-travail.
En revanche, la météo et les impacts sur le temps de travail constituent des freins à l’usage du vélo. Autre obstacle, l’absence de stationnement pour garer sa bicyclette.

Florence Guernalec

(1) Christian GIORIA / Guillaume LUCAS. 2014. Evaluation de la mise en œuvre expérimentale de l'indemnité kilométrique pour les vélos – Synthèse. ADEME. 13 pages