En 2030, la France comptera 20 millions de personnes de plus de soixante ans, contre 15 aujourd'hui. Une évolution majeure de notre société que tous les acteurs économiques cherchent à anticiper. C'est le sens de l'expérimentation menée à la Rochelle par la Caisse des dépôts (CDC), ses filiales Transdev et Icade, et une start-up rochelaise d'autopartage Automobilité. Impulsé par le Lab CDC, l'incubateur de projets de la Caisse, son objectif est de tester deux offres combinées de mobilité auprès des 170 résidents de deux établissements d'hébergement pour personnes âgées (EHPA).

La première est un système de transport à la demande adapté aux besoins de cette clientèle spécifique. Les destinations sont clairement identifiées, ainsi que les jours et les heures des services (entre 9 h et 16 h). Ceux-ci ne se déclenchent que si au moins trois personnes se sont inscrites au plus tard la veille avant 17 h. "C'est une demande des personnes âgées qui souhaitent des offres cadrées et claires : tel jour, la desserte du marché ; tel autre, celle du centre de thalasso... Mais au fil de l'expérimentation qui doit durer six mois, nous adapterons nos services aux demandes de la clientèle", explique Florence Larcher, chef de projet chez Transdev.

Moyens mutualisés


Ce transport à la demande est opéré par VAD, une filiale de Transdev qui gère par ailleurs en délégation de service public le transport de personnes à mobilité réduite de La Rochelle et du Centre Ouest. "Nous réalisons des économies d'échelle en utilisant une partie de la flotte et des conducteurs de VAD, qui travaillent essentiellement aux heures de pointe du matin et de la fin d'après-midi", précise Florence Larcher.

Deuxième offre, un système d'autopartage de voitures électrique opéré par la Start-up Automobilité. Dans un premier temps, l'entreprise mettra à disposition de chaque résidence une voiture électrique de type Renaul Zoé, une station de recharge et une logiciel de planning pour gérer les réservations.

"Nos études montrent que les personnes âgées sont plutôt bien représentées dans les transports publics, se déplacent à pied et en voiture particulière, mais qu'il reste encore des besoins de déplacements peu ou pas satisfaits", explique Laurence Broseta, directrice générale France de Transdev. D’où cette offre privée, censée coller aux besoins très variés d'une clientèle allant de 60 à 90 ans, plus ou moins motorisée et majoritairement féminine.

L'enjeu tarifaire


Coté tarification, si le système d'autopartage reste dans les normes de ce type de service (15 euros les deux heures, 35 euros la journée), le TAD est environ six fois plus cher que le réseau de transport public, largement subventionné par les collectivités locales. "Mais avec le TAD que nous leur proposons, nous leur offrons une qualité de service qui n'a rien à voir avec le transport public traditionnel. C'est du porte-à-porte et le conducteur, comme dans le cas de services PMR, est formé à l'aide à la personne," explique Florence Larcher.

La réussite ou l'échec de cette expérimentation dépendra sans doute en grande partie du niveau d'acceptation de ses tarifs. Et même si la clientèle visée est plutôt aisée et le service rendu de qualité, ce n'est pas gagné d'avance. Selon une enquête menée par le Lab auprès des pensionnaires de ces établissements, aucun n'a de vision claire de ce que leur coûte réellement leur voiture personnelle.

Robert Viennet