Lors de la traditionnelle cérémonie des voeux à la presse, Pierre Mongin, président de la RATP, ne s'est pas attardé sur le bilan de l'année 2014. La primeur en étant réservée à son conseil d'administration du mois de mars, quand les comptes seront arrêtés. Mais il a été plus disert sur les gros chantiers qui vont débuter en 2015 et qui vont mobiliser les équipes de la RATP pendant plusieurs années.

A tout seigneur tout honneur, la partie centrale de la ligne A du RER, l'une des plus chargées au monde, verra sa voie – rail, traverses et ballast – entièrement renouvelée. Un chantier énorme "jamais réalisé à la RATP" qui s'étalera sur sept ans et nécessitera la fermeture totale de la ligne pendant quatre semaines, du 25 juillet au 23 août, entre Auber et la Défense. Pour suppléer cette fermeture estivale, qui se renouvellera chaque année jusqu'en 2022, l'offre sera fortement augmentée sur la ligne 1 "qui heureusement est automatique sans quoi nous n'aurions pas pu mener à bien ce chantier", a souligné Pierre Mongin. Par ailleurs, une offre complémentaire de bus sera déployée grâce à une enveloppe de 4 millions d'euros mise a disposition par le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif).

Pour aider parisiens et touristes à s'y retrouver pendant cette période de travaux et se familiariser avec de nouveaux trajets, la RATP vient de mettre en ligne un site internet et un .

Trois métros plus loin


En 2015, débuteront également les chantiers de prolongement de trois lignes de métro. Là encore du "jamais vu", selon Pierre Mongin. La 4 sera prolongée de 2 kilomètres du terminus actuel de Mairie de Montrouge jusqu'à Bagneux. Pour la 12, il s'agit d'un prolongement de trois kilomètres et deux stations au nord à partir de la station Front populaire. Enfin, 2015 verra le début du percement du tunnel de la ligne 14 de Saint-Lazare à Mairie de Saint-Ouen, "premier maillon du Grand Paris Express". Des travaux qui devraient s'achever en 2019.

Autre gros chantier de l'année 2015, moins physique (quoique) mais tout aussi important pour le groupe, la négociation puis la signature de la convention liant la RATP au Stif. Ce nouveau contrat, qui prendra effet le 1er janvier 2016 (si les régionales ne viennent pas perturber le jeu), pour une durée de cinq ans, devra "définir toutes les règles du jeu du fonctionnement de l'Epic RATP". Pierre Mongin a, notamment, insisté sur l'importance du niveau d'investissements que le Stif devrait prévoir pour "consolider le réseau et améliorer l'offre". Pour le président de la RATP, il faut rester sur le même rythme que le contrat précédent (6,3 milliards d'euros d'investissements en 4 ans), soit "8 milliards pour les cinq ans à venir. Ce sera le point de départ de la négociation", a-t-il indiqué.

Des autocars pour le bassin parisien


Pierre Mongin a, également, évoqué la libéralisation des lignes d'autocar longue distance qui pourrait s'ouvrir dès cet été. "C'est un marché qui nous intéresse et qui sera confié à notre filiale RATP dev", a-t-il indiqué sans plus de précisions. Pressé de questions, il a, néanmoins, lâché que l'autocar pourrait être un renfort intéressant pour "la desserte du grand bassin parisien".

Robert Viennet