Anne Hidalgo fait de son plan anti-pollution, un enjeu de santé publique, et se dit déterminée à agir vite dans une interview au site lemonde.fr. Premier objectif, réduire les émissions de particules fines. Ainsi, la maire de Paris va mettre en place une  "zone à basse émission" et en interdire progressivement l’accès aux véhicules polluants, diesel comme essence.

Haro sur les anciens véhicules

Les premières restrictions doivent tomber dès le 1er juillet 2015 avec l’interdiction de la circulation des autocars et des poids lourds les plus polluants. Concrètement, il s’agit de véhicules Euro II et plus anciens, c’est-à-dire antérieurs au 1er octobre 2001.
Puis, un an plus tard, l’interdiction devrait être étendue à tous les véhicules de la classe 1 dont les voitures particulières (antérieures au 1er janvier 1997) et les deux-roues (antérieurs au 31 mai 2000).

Des abonnements gratuits

En contrepartie de ces mesures de restriction, la maire de Paris annonce des aides destinées à favoriser le report modal vers les transports en commun, le vélo avec des offres Vélib’ et l’autopartage avec Autolib’.
Outre les mesures en direction des professionnels, Anne Hidalgo souhaite, ainsi, proposer des moyens de déplacement alternatifs aux Parisiens qui renoncent à leur véhicule concerné par les mesures de restriction de circulation : elle propose une offre découverte à Autolib’ ainsi qu’une remboursement du passe Navigo et de l’abonnement Vélib’ pour un an, ou un remboursement jusqu’à 400 euros sur l‘achat d’un vélo et de ses accessoires.

Les copropriétés soignées

Une disposition concerne les Parisiens de moins de 25 ans qui viennent d’obtenir leur permis de conduire : Anne Hidalgo propose une réduction de 50% sur l’abonnement à Autolib’ et un crédit de 50 euros de trajets pré-payés.
Enfin, ce plan anti-pollution comporte des mesures d’accompagnement pour les copropriétés : l'équipement d’abris vélos sécurisés serait pris en charge à 50% dans la limite de 2000 euros. Idem pour l’installation de points de recharge électrique dans la limite de 500 euros par borne dans la limite de quatre.
Ces mesures incitatives, qui doivent entrer en vigueur immédiatement, représenteraient un coût de 5 millions d’euros sur la mandature.

Dans son interview au site lemonde.fr, Anne Hidalgo fait le voeu que "le dispositif mis en place s’applique à l’échelle du Grand Paris avec les collectivités qui le souhaitent", mais explique que "Paris ne peut pas attendre que tout le monde bouge pour avancer. La ville doit jouer un rôle d'éclaireur, de pionnier." La présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, fustige des mesures trop "tardives", mises en place sans moyens suffisants pour accompagner la transition et sans concertation avec les communes de la métropole. Ce plan de lutte contre la pollution sera présenté en Conseil de Paris le 9 février 2015.

Florence Guernalec (avec AFP)