Droits de l’homme, communautés et développement local, questions relatives aux consommateurs, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques… C’est sur ces six thématiques centrales que reposent la norme ISO 26000 et, plus largement, la responsabilité sociétale des entreprises, également bien connue sous le sigle RSE. "Les composantes de l’Union des transports publics et ferroviaires travaillent depuis longtemps sur le sujet, car le transport public est concerné au premier chef par les questions liées à l’environnement, aux territoires et aux conditions de travail", explique Philippe Chokomert, chargé de mission au département Affaires économiques et techniques de l’UTP.

Cette norme internationale, en vigueur depuis 2010, couvre l’ensemble des secteurs d’activité. "Il s’agit d’une recommandation, pas d’une certification", précise-t-il, avant de poursuivre : "Elle aide les entreprises à traduire des principes en actes et à faire connaître les meilleures pratiques en matière de responsabilité sociétale." À noter que l’ISO 26000 est complémentaire et compatible avec les normes inhérentes au management telles que l’ISO 9001 et l’ISO 14001.

Pour accompagner les opérateurs de transport, l’UTP présentera un guide d’application des bonnes pratiques, lors de la demi-journée d’information professionnelle organisée à la Maison de la RATP à Paris le 5 février 2015. Ce document vise à clarifier la notion de responsabilité sociétale des entreprises et à présenter les différents enjeux liés à la norme ISO 26000. "Les entreprises de transport public sont en lien avec des parties prenantes internes, c’est-à-dire les salariés, les partenaires sociaux, et avec les parties prenantes externes, soit les collectivités, les voyageurs, les constructeurs, les riverains et les forces de l’ordre, envers lesquelles elles sont redevables d’un certain nombre d’engagements."

36 domaines d’action identifiés

Au total, 36 domaines d’actions ont été clairement identifiés dans le guide d’application de l’UTP. Parmi eux figurent la lutte contre les discriminations et l’exclusion liée au handicap. Dans le champ dédié à l’environnement, les préconisations portent sur le recyclage des déchets, la diminution de la pollution sonore et des eaux ou encore les économies d’énergie. La loyauté des pratiques concerne l’accompagnement des employés pour lutter contre la corruption, l’intégration des critères éthiques dans les politiques d’achat en cohérence avec les objectifs de la RSE.

Les questions relatives aux consommateurs intègrent la délivrance d’informations accessibles et en temps réel. Il s’agit aussi d’assurer aux voyageurs un service sûr à travers des dispositifs de vidéo-protection, l’action d’agents de médiation. Autre exemple d’engagement visant à modifier les schémas de consommation : les offres de transport multimodales et la mise en accessibilité des lieux accueillant du public. Les actions liées aux communautés et au développement local peuvent se traduire par l’accompagnement du développement urbain et économique, par la desserte en transport public, mais aussi par l’implication des salariés dans le monde associatif solidaire, la participation et l’implication des entreprises dans la vie culturelle, l’organisation d’actions destinées à apprendre l’usage du transport public…

Et Philippe Chokomert de conclure : "Le transport public, comme les autres secteurs, est de plus en plus confronté à de nombreux risques. Il est donc nécessaire de travailler sur la RSE afin de les anticiper."

Christine Cabiron


Tout savoir sur la norme ISO 26000 appliqué aux transports publics de voyageurs
Jeudi 5 février de 14h00 à 17h00 - Maison de la RATP à Paris
Inscription (journée d'information réservée aux adhérents de l'UTP) : [email protected]
Contacts UTP : Philippe CHOKOMERT 01 48 74 73 27
& Véronique THEROUX 01 48 74 73 26