Le Conseil d’Etat a levé l’épée de Damoclès juridique qui pesait sur la desserte des gares françaises effectuée via un aller-retour quotidien Marseille-Milan exploité par Thello depuis fin 2014. Le 30 janvier 2015, il a en effet rejeté la demande de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).

L'autorité organisatrice régionale contestait le droit donné à la compagnie ferroviaire franco-italienne (co-entreprise de Trenitalia et Transdev) de s'arrêter au passage dans plusieurs gares de la Côte d'Azur : Toulon, Les Arcs-Draguignan, Saint-Raphaël, Cannes, Antibes, Nice Ville, Monaco, Menton.

Alors qu'elle finance les TER sur son territoire, la région PACA estimait que Thello ferait concurrence à certaines liaisons TER opérées sur la même desserte et porterait atteinte à leur équilibre économique.

La région, présidée par Michel Vauzelle (PS), s'était d'abord tournée, en 2013, vers l'Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf), pour lui demander son avis. Celle-ci n'y avait pas vu de difficultés. C'est donc le feu vert accordé par le régulateur que la région PACA a contesté devant le Conseil d'Etat, en vain. Les magistrats du Palais Royal soulignent notamment dans leur avis que, "compte tenu des tarifs proposés par l’entreprise Thello, significativement plus élevés que le plein tarif des offres de la SNCF, l’Araf a pu à bon droit estimer que ceux-ci n’inciteront pas les voyageurs à se reporter sur le nouveau service." La région a été condamnée à verser 3000 euros à l'Araf.

Thello, qui exploite actuellement un aller-retour par jour entre Marseille et Milan, va poursuivre sa montée en régime. A partir du 12 avril 2015, il lancera deux allers-retours supplémentaires entre Nice et Milan avec les horaires suivant :  départ de Nice, à 8h09 et 14h09 avec une arrivée à Milan à 12h50 et 18h50. Et départ de Milan, à 7h05 et 11h10 avec une arrivée à Nice à 11h51 et 15h51.
 
Marc Fressoz