Gares & Connexions, la branche de la SNCF gérant les gares n'a pas tardé à réagir à la décision rendue le 3 février 2015 par l'Araf donnant raison au Stif et dont la portée concerne aussi les gares de province.

“La baisse du taux de rémunération du capital centrée sur les gares d'Ile-de-France aura pour conséquence une baisse des investissements de l'ordre de 20 millions d'euros par an dans les gares d’Ile-de-France et dans les gares des régions“, a déclaré dans un communiqué la direction de Gares & Connexions.

Le directeur de cette branche, Patrick Ropert, précise toutefois qu’avec ses équipes, il devra affiner dans les semaines qui viennent cette première estimation "pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros" en mesurant bien toute la portée des 80 pages de la décision concernant le service de base.

Ne pas accroître l'endettement


Dans l'immédiat, des programmes de modernisation de gares seront-ils arrêtés ou amputés et quelles villes pourraient être impactées ? "C’est trop tôt pour le savoir également, même si on peut dire qu'en début d'année, il est difficile de remettre en cause un programme d'investissement qui est engagé", précise encore le directeur général. En somme, en 2015, les conséquences pratiques devraient être limitées.

Mais à terme, comment gérer la conséquence de cette baisse de revenus ? Redéfinition des investissements, hausse de la quote-part des partenaires de la SNCF ou un effort supplémentaire de l’entreprise publique ? "La position de la SNCF est de ne pas accroître son endettement", répond Patrick Ropert.

Quoi qu’il en soit, "nous donnerons toute la transparence utile et mettrons notre énergie à bâtir un nouveau modèle économique plus simple et plus industriel", indique Gares & Connexions. Et d'ajouter que "la demande de construire un nouveau système de modulation des redevances dans les gares reprend une demande de Gares & Connexions".

Est-ce à dire que la SNCF se range à la décision du régulateur et ne fera pas appel sur certains points ? Là encore, rien n’est encore décidé, l'entreprise ayant jusqu'au 3 mars 2015 pour faire appel ou non.

Le Stif satisfait de la décision


Le Stif ne devrait pas utiliser son droit d'appel. Il se félicite de la décision. Selon lui, elle "marque un tournant dans la gouvernance des gares au bénéfice de l'ensemble des voyageurs", en consacrant "la place des autorités organisatrices de transport régional de voyageurs dans la gouvernance du système ferroviaire national".

Le Syndicat ajoute qu'il "veillera, dans les phases d'élaboration du nouveau dispositif, à ce que l'intérêt du voyageur soit pleinement pris en compte".

L'autorité organisatrice a rappelé quelques chiffres : depuis 2006, elle a investi plus de 540 millions d'euros pour rendre les gares accessibles, moderniser les équipements d’information voyageur, renforcer la sécurité, améliorer l’accueil en gare… Et au chapitre de la mise en accessibilité, sur un programme d’investissement de 1,4 milliard d'euros, le Stif apporte 700 millions de subventions, la région Ile-de-France complétant à hauteur de 350 millions d'euros. “soit un taux de subvention total de 75 %“ relève le Stif.

Marc Fressoz