Cela n’a pas traîné. La loi destinée à favoriser le déploiement d’un réseau d’infrastructures de recharge de véhicules électriques sur l’espace public a été promulguée le 4 août 2014. Le décret pris le 31 octobre. Le groupe Bolloré a déposé son dossier le 1er décembre. Le 30 janvier 2015, les ministres de l’Ecologie et de l’Economie ont décidé que "le projet revêt une dimension nationale". En clair, cette décision permet au groupe Bolloré d’être exonéré de redevance d’occupation du domaine public, une facilité prévue dans la loi du 4 août 2014 destinée à lever les freins à l’achat de véhicules électriques, chers à Ségolène Royal.

Une couverture nationale
 

 

 

Cette décision a été motivée par "l’ampleur, la distribution géographiquement équilibrée des stations et des points de charge", expliquent les deux ministres dans leur décision. En effet, le groupe Bolloré s’est engagé à déployer 16 000 bornes de recharges d’ici à 2019 sur 94 départements métropolitains et près de 4000 communes. L’entreprise a prévu de couvrir l’ensemble des départements au plus tard le 31 décembre 2016, et d’achever le déploiement au plus tard le 30 juin 2019. Ainsi, "Quel que soit l’endroit du territoire au moins un point de charge tous les 40 kilomètres sera à la disposition des utilisateurs de véhicules électriques et hybrides", précise le groupe Bolloré dans un communiqué.

 

Une décision des deux ministres motivée également par "l’adéquation des spécifications techniques et du modèle de supervision aux exigences d’interopérabilité". En effet, l’entreprise s’est engagée à respecter les spécifications requises par la loi. "Une proportion au moins égale à la moitié des points de charge se présente comme conforme par avance aux spécifications de la directive européenne relative au développement des infrastructures pour les carburants alternatifs, leur assurant une interopérabilité à l’échelon européen", précisent les deux ministres dans leur décision.

Des bornes intelligentes
 

 

Une décision motivée enfin par "une expérience de plusieurs services d’autopartage en activité". Outre Vélib’ à Paris, le groupe Bolloré est présent à Bordeaux et Lyon. Au total, l’entreprise a déployé 6000 bornes. Le groupe Bolloré, annonce, qu’il installera "des bornes intelligentes" et connectées munies d’écrans tactiles permettant de dialoguer avec les utilisateurs et de se faire aider. L’automobiliste pourra connaître la disponibilité d’un point de recharge et le réserver à l’avance.

La puissance de charge retenue dite "semi-accélerée" (7,4 kW) évite de déstabiliser le réseau électrique par des appels de puissances trop brutaux et prolonge la durée de vie des batteries des véhicules, un choix dans la droite ligne du projet de loi transition énergétique qui sera examiné au Sénat à partir du 10 février 2015. Le groupe annonce un investissement total de 150 millions d'euros.

 

Le déploiement des bornes de recharges se fera en cohérence avec les réseaux existants ou en projet, et en concertation avec les syndicats d’énergie et les collectivités pour préciser notamment l’emplacement et la configuration des stations. Si les élus locaux jouent le jeu, cette annonce devrait donner un sacré coup d’accélérateur au déploiement d’infrastructures de recharges... et à l'achat de véhicules électriques.

Florence Guernalec