Plus le trajet en TGV est court, plus le prix au kilomètre est élevé, selon réalisée sur 80 destinations directes pour le même jour à la même heure. Ainsi, un Paris-Brest (4h07mn) coûte 0,08 euro du kilomètre quand un Paris-Reims (48 mn) est à 0,31 euro, soit près de quatre fois plus. "C’est vrai pour tous les modes de transport, s’est défendue Barbara Dalibard, directrice générale de Voyageurs de SNCF Mobilités le 19 février 2015. C’est le cas en voiture entre un trajet en Ile-de-France et un Paris-Marseille ; en avion, entre un Paris-Toulouse et un Paris-New-York, le prix du kilomètre ne sera pas le même. C’est normal, c’est juste l’utilisation des moyens". En clair, les coûts fixes.
De plus, Barbara Dalibard explique que l’enquête d’UFC-Que Choisir porte sur un trajet occasionnel, c’est-à-dire plein tarif, alors que 80 % des clients de la SNCF bénéficient d’une réduction. Enfin, elle fait remarquer que le prix moyen en TGV revient ainsi à 10 centimes d’euros du kilomètre, alors qu’il coûte 25 centimes pour un automobiliste roulant en Clio sur une longue distance. "Il faut relativiser", a conclu Barbara Dalibard.

En outre, 54 % des voyageurs se disent satisfaits de la SNCF, selon , c’est quatre points de moins qu’il y a deux ans. Et seulement 33% sont satisfaits du rapport qualité-prix. Bref, les usagers trouvent le train trop cher. "Il y a une différence entre la perception des clients et ce qu'on fait, a commenté Barbara Dalibard. Depuis quatre ans, les prix HT du TGV augmentent moins vite que l’inflation." En cause, le taux de TVA a connu une hausse de 5 points ces dernières années dont 3 uniquement en 2014 pour s'établir à 10 %.
S’agissant de 2015, Barbara Dalibard indique que l’augmentation des tarifs sera "sans doute" de moins de 1 %, et non de 2,6 % comme annoncé en début d’année. Là encore, la SNCF explique avoir augmenté le nombre de billets à petits prix mis en vente pour permettre au plus grand nombre de prendre le train – 3 millions en 2015 contre 2 millions en 2014.

Enfin, s’agissant de la ponctualité, Barbara Dalibard explique que la SNCF s’est améliorée depuis quatre ans. Plus de 90% des trains arrivent à l’heure. Cependant, elle a reconnu qu’il y avait des "lignes en grande souffrance" comme la ligne B du RER en raison d’un sous-investissement. Ceci explique les travaux réalisés sur le réseau voici deux ans : "Nous avons gagné 5 points sur la ponctualité", a-t-elle déclaré à propos de cette ligne. Revers de la médaille : plus la SNCF s’améliore, plus les clients deviennent exigeants.

Florence Guernalec