Drivy a fêté ses quatre ans au mois de janvier 2015. Quel est le bilan de votre service ?
Nous avons passé le cap des 500 000 journées de location et nous multiplions notre activité par trois chaque année. Drivy compte, aujourd’hui, 400 000 membres et 20 000 voitures disponibles. En moyenne, 1 500 véhicules circulent en permanence.
Notre objectif est d’atteindre un niveau de service et une masse critique qui nous permettront de franchir un cap de sorte qu’il sera plus pratique de louer une voiture que d’en posséder une.

Que pèse le marché de la location de véhicules dans la mobilité ?
En comptant les loueurs classiques comme Avis ou Hertz, cela représente 1 % des déplacements en voiture. Nous pensons que le potentiel est colossal et que demain, ce marché pourrait atteindre 50 %. Pour y parvenir, pouvoir louer une voiture à distance de marche de son domicile est essentiel.
Aujourd’hui, les gens ont recours à la location parce qu’ils n’ont pas d'autre choix. Notre souhaitons provoquer une rupture pour que demain la location soit perçue comme une alternative à la possession d’une voiture, et en finir avec cette absurdité qui conduit à ce que chaque particulier possède son propre véhicule, mais l’utilise peu.

Quels sont les tarifs d’une location sur Drivy ?
En moyenne, cela revient à moins de 30 euros par jour pour une Clio récente, par exemple. Si le véhicule est plus ancien, ce sera 20-25 euros et au-delà de 30 euros si c’est une berline. Nous ne pratiquons pas le yield management, le prix est fixé à la journée quel que soit le jour de la semaine ou la date.

Comment les locataires utilisent le service ?
Les loueurs parcourent, en moyenne, 100 kilomètres par jour pour une durée moyenne de 3,5 jours. Hors période scolaire, nous sommes davantage sur une location pour un week-end de deux jours.

Comment vous différenciez-vous de la concurrence ?
On nous parle souvent du prix, mais à notre sens, la qualité de service est essentielle. Drivy n’est pas un loueur low cost. Notre objectif est de proposer une qualité et de service toujours supérieure. Par exemple, nous appelons les propriétaires de voitures pour les accueillir et les former. Nous les ons lorsque que nous nous apercevons que leur véhicule n’est pas loué pour en comprendre les raisons. Nous nous assurons, en particulier, que leur offre comme le calendrier de disponibilité sont à jour.

Quelle sont les prochaines nouveautés ?
Dans deux mois, nous proposerons la dématérialisation du contrat de location qui est signé entre le propriétaire et le locataire au moment de la prise en main du véhicule. Nous avons huit ingénieurs qui travaillent à temps plein pour améliorer en permanence notre produit et réduire les frictions pour qu’il soit toujours plus facile et plus simple de louer un véhicule sur Drivy. Nous avons déjà fait 500 modifications sur notre site depuis notre lancement !

Comment avez-vous réussi à lever les réticences des propriétaires à louer leur voiture ?
Nous nous positionnons comme un tiers de confiance. Nous garantissons à nos clients que quoi qu’il arrive, ils ne seront pas perdants. Drivy a un service de relation client disponible 7 jours/7 pour répondre à toute demande.
La confiance passe aussi par l’assurance du véhicule et l’assistance en cas de panne ou d’accident qui prend en charge les passagers et le remorquage de la voiture [coût compris dans les 30% de commission pris par Drivy].

Drivy est présent en Allemagne depuis novembre 2014. Pourquoi avez-vous choisi de vous implanter d’abord à Berlin ?
La ville est très en avance sur les solutions d’autopartage. Berlin compte déjà six acteurs sur la courte distance. Nous avons concentré nos efforts de communication et de marketing sur cette ville au lieu de nous lancer immédiatement au niveau national, car au démarrage de ce type de service, il faut qu’il y ait suffisamment d’offres de voitures pour que les premiers membres ne soient pas déçus.
Nous ouvrons cette semaine Munich. Au printemps, nous serons présents dans toute l’Allemagne.

Quelles sont les prochaines étapes de développement ?
Nous recrutons actuellement notre Country Manager pour l’Espagne que nous allons ouvrir cette année, puis nous nous implanterons dans d’autres pays d’Europe de l’Ouest – Royaume-Uni, Italie, Belgique… Et nous allons continuer à améliorer notre produit.

Propos recueillis par Florence Guernalec


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