"Le GPL (1) est une alternative crédible et efficace au diesel que les pouvoirs publics doivent réhabiliter, a déclaré Christophe Najdovski, maire adjoint chargé des transports, de la voirie, des déplacements et de l’espace public à Paris lors de la conférence presse consacrée au GPL. C’est un carburant écologique, économique et accessible qui a toute sa place dans le mix énergétique." Autrement dit, il n’y a pas que les voitures électriques et hybrides pour accompagner la transition énergétique.

Les partisans du GPL ont organisé, le 10 mars 2015, une conférence de presse à Paris, pour promouvoir ce carburant à l’heure où le projet de loi relatif à la transition énergétique devrait être bientôt voté et le plan de lutte contre la pollution de la Mairie de Paris a été adopté début février. A leur tête, Joël Pedessac, directeur général du Comité français du Butane et du Propane (CPBP) et Marc Teyssier d’Orfeuil, délégué général du Club des voitures écologiques.

Des atouts contrariés

En principe, tout devrait sourire aux véhicules GPL : prix d’achat identique à celui d’une voiture essence (avec des modèles neufs à partir de 8000 euros) ; 0,81 euro le litre d’essence en moyenne, soit 30 euros pour un plein de 35 litres ; 1 750 stations-services en France ; pas d’émissions de particules fines, moins d’émissions de CO2 qu’un véhicule essence (-16 %) ou diesel (-11 %), émission de monoxydes et de dioxydes d'azote limitée… Or, seulement 2 232 véhicules ont été vendus en 2014 contre près de 125 000 en Italie, par exemple. Les voitures GPL ne représentent que 0,7 % du parc roulant avec 260 000 automobiles en circulation en France contre 6 % en Italie.

Alors pourquoi un tel échec ? La sécurité. Le GPL est victime de ses débuts chaotiques liés à des explosions de réservoir spectaculaires. Depuis 2001, les véhicules GPL sont munis d’une soupape de sécurité. Et depuis 2006, les parkings souterrains accueillent les véhicules équipés, et interdisent ceux qui ne le sont pas. Nombre de parkings ont gardé la signalisation rouge d’interdiction à l’entrée, alors que tous les véhicules GPL sont, aujourd’hui, conformes à la réglementation internationale. Un signal jugé négatif par les défenseurs du GPL.

Une communication positive

Du coup, en 2010, le Club des voitures écologiques et le CFBP ont créé un nouveau panneau vert "Bienvenue aux véhicules GPL" pour remplacer la signalisation d’interdiction. L'opérateur de stationnement Q-Park, 195 parkings souterrains dans 80 villes en France, a progressivement remplacé tous les panneaux. Le dernier en place a été symboliquement changé à l’issue de la conférence de presse en présence de Christophe Najdovski. Son concurrent Vinci Park indique qu’il a déjà procédé au changement dans ses parkings à Paris, les autres sont en cours.

Après la sécurité, la fin du bonus écologique au 1er janvier 2011 a mis un nouveau coup d’arrêt à la progression du parc de véhicules GPL. Ce coup de pouce avait permis d’en vendre 75 000 en 2010. Désormais, les industriels représentés au sein du CPBP attendent des pouvoirs publics "un soutien durable et visible" : "Nos études attestent qu’en France, les ventes de véhicules GPL pourraient être supérieures à 50 000 par an si le GPL bénéficiait d’efforts de communication comparables à ceux qui sont mis en œuvre par le gouvernement pour promouvoir les véhicules électriques ou hybrides, et si en plus, une incitation à l’achat minime (200 euros) était proposée sous forme de bonus comme le préconise l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) dans , explique Joël Pedessac. Nous attendons ainsi beaucoup de la loi sur la transition énergétique pour lancer un message clair en faveur de toutes les énergies alternatives, comme l’a fait récemment l’Union européenne."

Les collectivités locales sont aussi demandeuses d’un signal fort de l’exécutif. "Nous attendons de l’Etat une définition précise des véhicules propres", a souligné Christophe Najdovski. Ainsi, si les voitures GPL en ont fait partie, la ville de Paris est prête à ce qu’elles bénéficient du stationnement gratuit comme les véhicules électriques, et qu’elles puissent circuler dans les futures zones à basse émission qui seront mises en place dans la capitale à partir de juillet 2016.

Florence Guernalec

(1) Le GPL est un mélange de butane et de propane provenant en France à 70% de champs de gaz naturel et à 30% du raffinage du pétrole.