Systra a traversé la crisé économique de 2009 sans coup férir. Un bénéfice 2009 qui bondit de 66 % par rapport à 2008, à 17,5 millions d'euros, un chiffre d'affaires qui progresse de 5 %, à 252,6 millions.

"L'activité a été bonne en 2009, et ça continuera en 2010 avec un CA prévisionnel de 280 millions d'euros, commente Philippe Citroën, directeur général du groupe. Le carnet de commandes correspond à 15 mois de chiffre d'affaires, soit 330 millions, un niveau "exceptionnel", selon la direction.

De quoi aiguiser davantage encore l'appétit des deux principaux actionnaires de Systra, la RATP et la SNCF, qui se disputent le contrôle du n°1 mondial de l'ingéniérie des transports urbains et ferroviaires.

Même s'il n'est officiellement "pas question de changer la répartition capitalistique de Systra", comme l'affirme son président Michel Cornil, les vues des deux entreprises publiques sur le groupe ne sont pas un secret. D'autant que les perspectives à l'international sont énormes.


 "Le projet du siècle" au Moyen Orient

Depuis plusieurs années, le Moyen-Orient tire la locomotive Systra : ce marché représente aujourd'hui près de 25 % de son activité. La première ligne du métro de Dubaï -  contrat remporté par Systra -a été inaugurée en septembre 2009, en attendant la deuxième ligne en 2010.
Un autre projet ferroviaire pour relier les six pays du Golfe a de quoi allécher le Français. "C'est le projet du siècle, de l'ordre de 20 à 30 milliards d'euros", commente Philippe Citroën.


L'Asie 
et le Grand Paris

Mais Systra lorgne aussi du côté de l'Asie, "c'est là-bas qu'apparaîtront demain nos concurrents, ils maitriseront toute la chaîne d'expertise, de l'ingénierie jusqu'à l'exploitation en passant par le matériel roulant et le génie civil", observe le président de Systra.
Les Coréens sont déjà présents en Algérie, les Chinois à Londres avec MTR. Systra a installé une filiale en Inde depuis 2007 et se positionne sur les projets de métro à Hanoi et de Mumbai.

La France reste toutefois le premier marché du groupe qui attend le marché du métro du Grand Paris avec impatience. Le chantier du Grand Huit (s'il est adopté au Sénat le 26 avril 2010) est estimé à 21,4 milliards d'euros et Systra évalue le coût de l'ingénierie entre 5 et 7 %. De quoi remplir le tiroir caisse.