"Ceux qui ont déjà essayé de rouler à vélo à moins de 4 km/h savent à quel point il est difficile de rester stable à cette vitesse", explique Pierre Michaud inventeur de "Vélogyr" le vélo qui tient debout tout seul dès que l'on actionne les pédales. "Dès qu'une impulsion est donnée des gyroscopes placés dans la roue avant s'actionnent pour lui donner une stabilité même à très faible vitesse." poursuit l'inventeur qui s'est allié avec un constructeur de cycles pour commercialiser sa trouvaille.

Son premier client devrait être Defacto, l’Établissement public de gestion, de promotion et d’animation de La Défense qui va expérimenter à partir du mois d'avril la circulation des vélos au milieu de sa vaste zone piétonne. Si Defacto est intéressé par cette invention, qui pourrait bien révolutionner le monde de la petite reine, c'est parce que la réglementation sur les zones piétonnes autorise la circulation des vélos mais "à la vitesse du pas". "Nous avons envisagé un temps de mettre en service des vélos dotés de roulettes stabilisatrices comme pour les enfants. Mais nous y avons renoncé pour des raisons techniques (les roulettes auraient pu se coincer entre les dalles indépendantes du revétement) et parce que nous n'étions pas surs que l'ego des utilisateurs supporte cette expérience régressive." A expliqué sans rire à MobiliCités Véronique Serne chargée de communication de Defacto.

Une centaine de vélogyr en libre-service seront déployés sur l'esplanade de la Défense d'ici l'été. Pendant les premiers mois de l'expérimentation l'emprunt de ces vélos sera gratuit, mais les utilisateurs devront s'inscrire au préalable au service pour garantir le retour du vélo qui "même s'il tient debout tout seul, ne revient pas tout seul a son point d'attache", confie Pierre Michaud. Du moins pas encore.

L'entrepreneur nous a indiqué qu'il était en pourparlers avec plusieurs agglomérations de province qui veulent éviter les conflits entre piétons et cyclistes dans les zones piétonnes. "Cette idée m'est venue il y a deux ans en me promenant sur le vieux port à Marseille. Depuis que 75% de cet espace est devenu piéton la circulation automobile a quasiment disparu mais la cohabitation entre piétons et cyclistes n'est pas toujours aisée, surtout l'été quand les quais sont bondés et que la vente des poissons bat son plein." conclut Pierre Michaud.

Robert Viennet