C’est une page de son histoire qui se tourne. Après 23 ans passés à la tête de la Fnaut, Jean Sivardière a souhaité passer la main même s’il conservera un rôle actif au sein de la Fédération. Son successeur, Bruno Gazeau, 68 ans, a été élu président pour un an lors de l’assemblée générale du 11 avril 2015. Celui-ci n’est pas un inconnu dans le secteur des transports puisqu’il a été pendant dix ans délégué général de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP). Il était jusqu’ici conseiller du bureau de la Fnaut (lire sa biographie en fin d’article). Aujourd'hui, la Fédération rassemble 150 associations locales et 10 associations nationales qui représentent, au total, 80 000 membres.

"La Fnaut a acquis une crédibilité scientifique et politique par des discours argumentés et des positions responsables. Jean Sivardière a rassemblé autour de lui beaucoup de bénévoles compétents. J’ai trouvé que ce travail méritait d’être poursuivi, pas seulement pour défendre les voyageurs mais aussi pour promouvoir les équilibres entre les différents modes de transport", a expliqué Bruno Gazeau à MobiliCités. Celui-ci salue, au passage, les positions courageuses de la Fnaut en faveur du Lyon-Turin, contre le passe Navigo unique et la gratuité dans les transports par exemple.

Bruno Gazeau compte se placer dans la continuité du travail effectué par Jean Sivardière. Mais, celui-ci prend ses fonctions dans un contexte où la situation des transports publics est "très fragile". Ainsi, il s’est fixé trois sujets prioritaires pour les mois à venir. Le premier concerne le financement des transports collectifs. La Fnaut milite pour la mise en place d’une fiscalité écologique dont le produit servirait à financer les investissements dans les transports en commun.

Deuxième sujet, la question du passage du transport à la mobilité. La Fédération plaide en faveur d’une complémentarité entre les différents modes de transports, et d’une ouverture à une "concurrence régulée" entre les opérateurs. En clair, la Fnaut est opposée à une concurrence stérile entre les modes, en particulier entre l’autocar et le ferroviaire.

Troisième priorité, l’évolution du réseau ferré. Ce réseau structurant et maillé va devoir s’adapter pour s’accorder avec les autres modes de transport. Pour Bruno Gazeau, "il y aura forcément des fermetures de lignes, mais toute la question est de savoir sur quels critères…"

Le tout nouveau président de la Fnaut précisera ces orientations lors d'une conférence de presse le 6 mai prochain.

Florence Guernalec




Biographie de Bruno Gazeau


Agé de 68 ans, Bruno Gazeau est diplômé de l’ESSEC.

Après un séjour aux USA (cycle Master de UCLA), il entre comme ingénieur conseil au BERU (Bureau d’Etude et de Réalisations Urbaines). Il y reste cinq ans avant de devenir directeur de l’Agence de Développement du Territoire de Belfort en charge des services marchands des collectivités (eau,logement, transport, économie). Il modernise le réseau de transport de Belfort.
En 1985, il devient le premier directeur des services de la Région Franche Comté, où il réalise la séparation des services de l’Etat et de la Région.

Après trois passages en cabinets ministériels (Recherche, Industrie, Education), il poursuit une carrière classique de directeur commercial et directeur grand compte dans différents secteurs (industrie, édition).

Puis en 2003, il rejoint l’UTP qu’il va diriger pendant dix ans, la faisant passer d’organisation professionnelle des transports à celle de la mobilité, en l’ouvrant aux opérateurs ferroviaires, aux gestionnaires d’infrastructure, ou stationnement. Rompu aux négociations sociales, il a signé une quinzaine d’accords sociaux, dont celui du service garanti dans l’urbain et les accords sur le fret dans le ferroviaire.

Retraité depuis 2014, il a créé sa propre entreprise.

Il est également ancien élève de l’IHEDM et de l’IHESI, chevalier de la Légion d’Honneur et passionné de haute montagne.