A quelques semaines de la remise du rapport Duron sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire (TET), son opérateur était resté très discret sur le sort des trains Intercités. Dans parue le 17 avril 2015, le président du directoire SNCF, Guillaume Pepy, se dit convaincu qu’il existe "une place pour des trains Intercités sur les grands lignes entre villes importantes et villes moyennes". En revanche, il considère que son financement actuel est "inacceptable" "puisque le contrat de service public est financé… par l’opérateur lui-même à 93%, via une taxe sur le TGV et la SNCF".

Il souhaite également que la Commission Duron prenne en compte la libéralisation du marché de l’autocar "qui va prendre une partie de la clientèle des Intercités" et venir fragiliser encore davantage l’équilibre économique des TET. "Il ne faudrait pas en arriver à étatiser les pertes et à privatiser les profits", conclut-il. Pour autant, Guillaume Pepy se garde bien d’avancer publiquement ses solutions. L'Association des régions de France (ARF) a d'ores et déjà fait savoir que les régions refusent un transfert de compétence sans le transfert financier correspondant au déficit... qui s'élève, au total, à 309 millions d'euros pour l'année 2014.

Parallèlement, Guillaume Pepy ouvre la porte à une expérimentation de la concurrence sur le marché ferroviaire national et déclare que la "SNCF n’a pas peur de la concurrence. Elle s’y prépare, et l’affrontera" comme elle le fait déjà dans le fret. Contrairement à ce qui se dit à Bruxelles, il affirme que la SNCF ne demande pas de report de la date d‘ouverture à la concurrence prévue, en principe, en 2019. En attendant, il explique que l’expérimentation est "une solution" : "ce type d’approche me paraît une bonne méthode pour un sujet aussi complexe".
Il s’agirait ainsi de tester les deux approches : l’open access et la délégation de service public (DSP) après une mise en concurrence de l’autorité organisatrice. "Regardons en France ce qui relèverait de la DSP et ce qui pourrait relever de l’accès libre."

Et si l’ouverture de la concurrence commençait par les lignes Intercités. Il semblerait que la SNCF ait soufflé cette idée à la Commission Duron.

Florence Guernalec