80 kilomètres de lignes, 570 trains par jour dont 57 en heure de pointe… Et depuis peu un seul centre de décision qui rassemble les équipes de la RATP et de la SNCF (Mobilités et Réseau) qui auparavant exploitaient chacune un bout de ligne. Depuis le 26 avril 2015, le centre de commandement unique du RER B mis en place en novembre 2013 est au complet avec l’arrivée des équipes de la direction de la circulation ferroviaire (DCF). Aujourd’hui, l’ensemble du plan de transport et de la régulation de la ligne - y compris le Transilien (K), les TER et le fret circulant sur cette zone - se font à Denfert-Rochereau.

Un fonctionnement optimisé

Une réorganisation qui a permis de mettre en place des méthodes d’exploitation communes entre la SNCF et la RATP. "Un événement majeur" dans le rapprochement entre les deux entreprises, a souligné le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies lors d’un point presse au centre de commandement unique le 28 avril 2015. La guéguerre entre les deux entreprises, soulignée par Pierre Mongin lors de son départ de la RATP, appartient désormais au passé.

Une direction de ligne unifiée qui simplifie le fonctionnement au quotidien et permet d’accélérer les actions engagées pour améliorer la qualité de service, notamment en cas d’incident. Le RER B faisait partie des lignes prioritaires : avec près de 900 000 voyageurs par jour, le RER B est la deuxième ligne la plus fréquentée d’Europe après le RER A (1,2 million). 

La ponctualité en tête

L’objectif final de ce centre de commandement unique est d’améliorer la régularité du RER B et l’information voyageurs en cas de situation perturbée. Les premiers résultats sont déjà là : une augmentation de la ponctualité de 5 points entre 2013 et 2014 à 88% et de 1,6 point à fin mars 2015. La satisfaction de la qualité de service est également en hausse de 5 points sur la partie nord de la ligne en 2014 et de 8 points à fin mars 2015 à 62%.

Le RER A concerné

"C’est une révolution qui est opérée et qui préfigure les améliorations sur les autres lignes", a déclaré Alain Vidalies. En effet, le RER A est engagé dans une dynamique similaire depuis 2013 : à la rentrée 2014, le rapprochement des équipes de la SNCF à Saint-Lazare et de la RATP à Vincennes est amorcé ; en 2015, place à la mise en œuvre de modalités communes de supervision et de pilotage de la ligne… Le président de la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, n’a pas caché que le rapprochement de ces deux cultures d’entreprise a nécessité "beaucoup de temps et d’efforts".

Celui-ci a notamment insisté sur l’information voyageurs qui n’a pas suffisamment progressé à ses yeux : "Il faut avoir cette culture de l’information. Il faut rapidement dire ce qui se passe" lorsqu’il y a un incident. Avec la ponctualité, la sécurité des voyageurs et la propreté, cela fait partie des discussions entre le Stif, la RATP et la SNCF pour le renouvellement du contrat des deux opérateurs en 2016 : "Notre objectif est d’aboutir assez vite pour engager la rentrée dans de bonnes conditions".

Florence Guernalec