Le maire socialiste de la capitale du Portugal, Fernando Medina, opposé au processus lancé par le gouvernement de centre droit, a revendiqué, le 5 mai 2015, sa suspension. Celle-ci découle d'une procédure en référé. Mais il s'agit d' une mesure "automatique" selon le gouvernement qui dit l'avoir faite annuler.

La mairie socialiste s'oppose à l'exploitation par des sociétés privées du métro de Lisbonne et de la société de bus urbains Carris, disant craindre "le chaos dans le secteur des transports".

Le secrétariat d'État aux Transports a précisé, dans un communiqué, que les entreprises publiques concernées avaient argumenté devant la justice que "le report de l'appel d'offres porte un grave préjudice à l'intérêt général" et que, "par conséquent, l'appel d'offres cesse d'être suspendu et reprendra son cours".

Les opérateurs français intéressés


La mise en concurrence des transports urbains de Lisbonne est regardée de près en France par les opérateurs. "Nous sommes prêts à y aller si le processus reprend", indique par exemple Transdev qui est implanté au Portugal depuis de nombreuses années.

Le Parti socialiste, donné favori pour les élections législatives portugaise prévues à l'automne, conteste également la concession de la gestion du métro et des bus de Porto, déjà attribuée au consortium espagnol composé de TMB, l'opérateur du réseau de bus et de métro de Barcelone, et de l'opérateur Moventis.

Selon le gouvernement, la privatisation de l'exploitation et l'entretien des transports urbains de Lisbonne et Porto doit permettre à l'État d'économiser 56,5 millions d'euros par an en mettant fin aux indemnités compensatoires versées aux prestataires de services publics.

En échange d'un plan d'aide international accordé en 2011, le Portugal a dû mettre en œuvre une sévère cure de rigueur comprenant un vaste programme de privatisations qui a déjà rapporté plus de 9 milliards d'euros.

Marc Fressoz avec AFP