"Se préparer à la concurrence" dans tous les domaines, continuer à travailler "sur la productivité et la compétitivité qui ne sont pas des mots tabous" tout en accordant une place majeure "au dialogue social" comme l'ont fait ses prédécesseurs : tels sont les principaux axes autour desquels Elisabeth Borne va placer sa présidence.

Avant d'être auditionnée par les sénateurs mercredi, elle a listé les échéances qui attendent le groupe devant les députés de la commission du Développement durable le mardi 12 mai 2015. La première porte sur les négociations du futur contrat avec le Syndicat des transports d'Île-de-France (Stif). Il s'agit de montrer "la capacité de la RATP a dégager des ressources" notamment pour continuer à garantir, avec ses cofinanceurs,  “un haut niveau d'investissement", a-t-elle expliqué. L'entreprise de 55 00 personnes pourra, selon elle, "s'appuyer sur les gains de compétitivité" qui lui serviront à mieux aborder les prochaines étapes de mise en concurrence. Les rendez-vous ne manquent pas.


Confiante dans les capacités de la RATP


A plus ou moins brève échéance, se profile l'appel d'offres pour la gestion de la ligne 15 du Grand Paris Express. Pourquoi la RATP serait-elle mieux placée que Keolis ?, l'a interrogé un député. Parce que “j'ai une grande confiance dans les capacités de la RATP en matière de métro automatique", a-t-elle répondu, expliquant que la RATP a été "la première à mettre en service une ligne automatique avec la ligne 14". L'entreprise a également réalisé "l'automatisation de la 1 en exploitation" et peut témoigner de "son savoir-faire".
 
Prochains défis pour l'entreprise, "2024 où la totalité des lignes de bus seront mises en appel d'offres". "Fort heureusement, cela laisse du temps pour s'y préparer, mais il y a du travail à faire d'ici là", a t-elle admis.

Hors du périmètre historique de la RATP, Elisabeth Borne estime que la loi Macron offre à la RATP "une carte à jouer" en matière d''interurbain.


Poursuivre le développement de RATP Dev


A travers la RATP, “le 5e groupe mondial de transport public“, Elisabeth Borne veut également poursuivre le développement de RATP Dev. Toutefois, si elle loue l'action de son prédécesseur Pierre Mongin - elle a également rendu hommage à Anne-Marie Idrac et Jean-Paul Bailly, elle met un bémol à ses objectifs de 30% de croissance d'ici 2020. "La priorité pour moi est que l'on fasse de la croissance rentable", a t-elle déclaré. 
 
Souvent questionnée sur les questions de développement durable, la future ex-directrice de cabinet de Ségolène Royal a confirmé l'objectif de faire de la RATP "l'entreprise de référence en termes de mobilité durable à travers le programme d'achats de bus électrique". Elisabeth Borne va également s'occuper des problématiques de qualité de l'air dans le métro via un plan d'action qui sera mis en place.


Marc Fressoz


Le 13 mai 2015, l’Assemblée nationale et le Sénat ont donné leur feu vert à la nomination d’Elisabeth Borne au poste de PDG de la RATP pour succéder à Pierre Mongin. Les commissions intéressées de l’Assemblée (21 pour, 3 contre) et du Sénat (10 pour, 2 contre, 13 abstentions) ont validé cette nomination qui doit être maintenant annoncée en Conseil des ministres pour être effective.