Avec 15 000 passages à niveau pour 30 000 kilomètre de voies, la sécurité reste un enjeu de taille même si la mortalité a été divisée par deux en dix ans. En 2014, SNCF Réseau déplore encore 121 collisions, 25 tués et 27 blessés graves. C'est pourquoi l'entreprise organise, le 3 juin 2015, la 8e journée nationale de sécurité routière aux passages à niveau (1) avec un focus cette année sur les piétons et cyclistes.

Un comité ministériel de suivi

Son objectif ? Faire en sorte que les usagers de la route prennent conscience des dangers aux passages à niveau (PN). En effet, 98% des accidents sont dus à des comportements à risques des usagers de la route. Cette campagne de sensibilisation est relayée en radio, en presse écrite et sur Internet via notamment des films viraux. SNCF Réseau organise également, en partenariat avec la Sécurité routière, des actions sur l'ensemble du territoire.

Parallèlement, le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies préside le premier comité ministériel de la sécurité aux passages à niveau qui se réunira chaque année. Sa vocation est d'assurer un suivi de la mise en œuvre du plan interministériel de 2013 organisé autour de quatre axes : renforcement des mesures de contrôle, répondre aux besoins spécifiques des poids lourds et autocars, améliorer l'information des usagers de la route et sécuriser les PN dont la suppression ou l'amélioration est prioritaire.

Des actions ciblées sur les autocars et poids lourds

La composition de ce comité ministériel évolue et intègre désormais des représentants des transporteurs routiers et d'entreprises de transport public afin de mieux prendre en compte les besoins spécifiques des poids lourds et des autocars. Ce comité intègre également des associations d'usagers des transports et de victimes d'accidents collectifs "pour assurer la transparence des débats", a expliqué Alain Vidalies.

Ce comité ministériel va aborder deux nouveaux volets : les actions visant à faire évoluer les comportements au franchissement de l'ensemble des passages à niveau, et la sécurisation des PN, et notamment ceux identifiés comme prioritaires.

Ainsi, le comité présentera des actions spécifiques en direction des poids lourds et des autocars. L'idée est de mettre en place des actions de formation et une information complète et claire en partenariat avec les entreprises de transport public et les transporteurs routiers.

Des détecteurs d'obstacles en test

A ce titre, Alain Vidalies a demandé que les données relatives aux passages à niveau figurent sur les équipements GPS qui sont à bord des véhicules, en particulier des poids lourds qui provoquent les collisions aux conséquences les plus lourdes. Le secrétaire d'État aux Transports a également demandé à SNCF Réseau d'améliorer l'affichage sur les téléphones situés à proximité des PAN afin d'inciter les automobilistes à les utiliser en cas d'urgence.

Pour sécuriser les PN, SNCF Réseau va expérimenter à partir de la fin 2015 la mise en place de détecteurs d'obstacles au franchissement du passage à niveau. Trois seront testés en Rhône-Alpes et trois autres en Normandie. Le gestionnaire d'infrastructure va également revoir sa signalétique de sécurité ferroviaire en utilisant les méthodes d'analyse comportementale.

"Les utilisateurs marchent avec de la musique sur les oreilles et en regardant leurs écrans de téléphone. Nous devons en tenir compte et faire évoluer nos signaux. Ils sont aujourd'hui conformes à la réglementation, mais nous souhaitons aller au-delà", a déclaré Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau.

Des actions de contrôle

Dans le même temps, SNCF Réseau continue de mener des actions ciblées sur les 155 PN identifiés comme prioritaires qui combinent à la fois un fort trafic ferroviaire et routier, et une accidentologie constatée. Le coût d'une suppression d'un PN est compris entre 3 et 10 millions d'euros. Le gestionnaire d'infrastructure a co-financé les travaux à hauteur de 36 millions d'euros en 2014.

Enfin, la délégation à la sécurité et à la circulation routière déploie, en lien avec la SNCF, deux types de radars de contrôle automatisés : les radars de vitesse - 42 ont été mis en place à proximité de 23 sites de PN - et les radars de franchissement - 66 installés près de 21 PN - qui se déclenchent quand le conducteur franchit la limite qui sépare la route de la voie alors que les feux clignotent.

Les premiers retours font état d'un à deux déclenchements par jour en moyenne, 15 à certains endroits... Les PN situés sur un trajet habituel entraînent une baisse de la vigilance. A cela s'ajoute l'impatience des automobilistes qui jugent le temps d'attente trop long...

Florence Guernalec

(1) La 8e journée nationale de sécurité routière, parrainée par le ministère en charge des Transports est organisée par SNCF Réseau en coopération avec l'association Prévention routière, la Sécurité routière, l'AMF, la Fédération nationale de transports routiers et la Fédération française de cyclisme.