MobiliCités : Vous avez annoncé, au salon UITP de Milan, le lancement d'Attractis, un système de tramway clé en main. A quels pays s'adresse cette solution ?
Henri Poupart-Lafarge : Nous ciblons les pays qui partent de rien et commencent à s'ouvrir au tramway. Nous visons, en particulier, l'Amérique latine - Brésil, Équateur... ; l'Afrique du Nord - Maroc, Tunisie... ; le Moyen-Orient - Dubaï, Qatar, Arabie Saoudite... Le tramway représente aujourd'hui 5% de notre chiffre d'affaires, et le transport urbain entre 25 et 30%. Même si le tram est moins rapide que le métro, il a un réel potentiel d'attraction.

Si les ventes à l'international sont en pleine croissance, comment se porte l'activité dans vos usines en France ?
La France représente plus de 2 milliards d'euros sur un chiffre d'affaire de 6 milliards, soit un tiers environ. Nous nous attendons à ce que ce chiffre diminue en proportion mais pas en volume. Il n'y aura pas de suppression de postes à court terme.
Les bonnes nouvelles sur le TGV du futur vont nous permettre de gagner du temps pour l'engineering dans notre usine de Belfort. A Reichshoffen qui construit les TER, nous avons un carnet de commandes rempli jusqu'en 2018. A Valenciennes, spécialisée dans l'urbain, nous avons la perspective du Grand Paris Express. Enfin, à La Rochelle, le TGV nous permet d'avoir une visibilité assez longue...

Une fois l'opération Alstom-General Electric approuvée par la Commission européenne (au plus tard le 21 août 2015), quel sera le visage de l'entreprise ?
Nous aurons un groupe compact et plus lisible, à l'image de nos concurrents qui sont des pure player. Je crois beaucoup à la dynamique créée par l'unicité de l'activité. Cela nous permettra d'être plus flexibles et de prendre des décisions plus rapidement. Il existe une vraie envie de la branche Transport d'être autonome.

Ce "nouvel Alstom" a-t-il des projets de croissance externe ?
Le secteur est actuellement dans une phase de consolidation. Nous sommes prêts à y participer. Quelle que soit l'évolution du marché, nous regarderons les dossiers.

Propos recueillis par Florence Guernalec