D'après les délégués interrogés, qui évoquent un mouvement "historique", entre 80 et 90% des 300 agents du Centre de régulation et d'information voyageurs (Criv) ont d'ores et déjà fait part de leur intention de cesser le travail.

Ce réseau comptabilise trois millions de voyages par jour, 347 lignes et 4 500 bus. Le préavis déposé le 2 juin 2015 par l'ensemble des syndicats représentatifs du département bus (CFE-CGC, Unsa, CGT, FO et SUD) court du mercredi 17 juin 21H00 au samedi 20 juin à 9H00. "La circulation des bus sera très impactée", assure Cyrille Brown (CGT). Le mouvement "risque d'être suivi", reconnaît la régie. Mais la RATP "a prévu des modalités d'organisation adaptées, afin de minimiser l'impact éventuel sur le service rendu à ses clients".

Les syndicats dénoncent des "effectifs sous dimensionnés au regard de la charge de travail" depuis la mise en place du centre unique de régulation, une nette montée "des risques psychosociaux" et des accidents du travail liés au stress. Selon Patrick Hervouet (Unsa), "en l'espace de deux semaines, le CHSCT a déclenché deux requêtes de danger grave et imminent et demandé à l'unanimité une expertise" sur les conséquences de la réorganisation.

Mise en place par étapes depuis septembre 2013, la nouvelle organisation vise à "améliorer la qualité de service" dans la perspective du Plan Bus 2025 et du projet du Grand Paris, selon la régie. Mais elle s'est accompagnée d'une réduction des effectifs de 500 à 300 personnes."Avec 40% d'effectifs en moins pour faire le même travail, la charge de travail n'est aujourd'hui plus supportable", "les gens saturent", explique Jean-Pierre Plault (CFE-CGC).
Selon lui, les régulateurs ont dorénavant la responsabilité de 6 à 10 lignes en moyenne, contre 2 auparavant, et parfois 18 à l'heure de pointe du soir entre 19h00 et 20h00. Le nombre de lignes à gérer "a effectivement augmenté", reconnaît la RATP, mais les régulateurs parisiens géraient nettement moins de bus que leurs homologues européens et la réorganisation a permis "une meilleure utilisation de l'ensemble des ressources", argue la régie.

La RATP qualifie de "pas raisonnable" la demande des syndicats de 62 postes supplémentaires. Toutefois, elle admet la nécessité d'"ajustements" et se dit prête à "aborder la question des effectifs" et tout sujet "qui permettrait d'améliorer les conditions de travail".

Une grève des agents d'encadrement, c'est "historique", tout comme la "démarche commune" des syndicats, observe M. Hervouet. "En 30 ans, je n'ai jamais vu cela", assure-t-il.

(AFP)