On croyait l'affaire réglée depuis plusieurs mois. Le passe Navigo à tarif unique, qui entrera en vigueur le 1er septembre 2015, avait été voté par le conseil d'administration du Stif au mois de décembre 2014. Mais, cela ne concernait que les abonnés au passe Navigo et à Imagine'R étudiants. Restait notamment à régler le sort des collégiens, lycéens, apprentis et jeunes en formation longue durée titulaires des forfaits Imagine'R scolaires.

Son extension aux scolaires était cependant prévue dès l'origine, après discussion toutefois avec les conseils généraux qui subventionnent le dispositif et après consultation des parents d’élèves, qui ne voient pas tous d’un bon œil que leurs enfants puissent circuler dans toute l’Ile-de-France. Force est de constater que six mois plus tard, la question n'est toujours pas réglée. 

Un dézonage non universel

Ainsi, les élus de la "majorité" du conseil régional d'Île-de-France (1) ont voté, le 18 juin 2015, "l'objectif" d'étendre ce dézonage aux lycéens, apprentis et collégiens dès le 1er septembre 2015 et au tarif annuel de 333,90 euros (contre 733 euros pour ceux qui sont actuellement en zone 5). Cette démarche doit aboutir à une délibération du conseil d'administration du Stif en ce sens le 8 juillet prochain. Puis le 10 juillet, le conseil régional devra voter la part financière nécessaire pour compenser au Stif le manque à gagner.

Le 18 juin 2015, le conseil régional Île-de-France a déjà adopté la convention de financement avec le Stif pour les bénéficiaires de la carte Imagine'R étudiants couvrant les quatre derniers mois de l'année 2015. La compensation versée au Stif s'élève à 47 millions d'euros. Dans un communiqué daté du 15 juin 2015, Valérie Pécrese, candidate du parti Les Républicains aux régionales en Île-de-France, fait remarquer que les titulaires de la carte Améthyste (gratuité pour les retraités de plus de 60 ans, personnes handicapées et anciens combattants selon conditions de ressources ou de statut) ne sont pas concernées par le dézonage.

Un mesure à financer

Reste que le passe Navigo à tarif unique ne serait toujours pas financé si l'on en croit Valérie Pécresse. Celle-ci soutient que la région n'est pas capable de trouver les 181 millions d'euros nécessaires pour compenser le manque à gagner sur les quatre derniers mois de l'année. Bref, Valérie Pécresse accuse la majorité de financer la mesure par de la dette. Depuis, le Premier ministre est venu mettre un caillou dans la chaussure des partisans du passe Navigo à tarif unique en relevant le seuil du versement transports (de plus de 9 à 11 salariés), une décision qui amputerait les recettes de 50 à 200 millions d'euros par an.

Ainsi, l'AFP rapporte que "les débats [au conseil régional] se sont déroulés dans une atmosphère électrique avec des échanges vifs, alors que les groupes politiques partageaient sur le fond les mêmes préoccupations. Sont toutefois sorties des prises de parole des inquiétudes sur l'origine des financements en année pleine des tarifs uniques à partir de 2016."

Florence Guernalec (avec AFP)

(1) PS, EELV, FDG, PRG-MUP et un mélenchoniste