Voilà une fausse idée qui a la vie dure. A la question "Aimeriez-vous en priorité, pour vos déplacements quotidiens (travail, école, loisirs, ...), des transports en commun..." 30% des personnes interrogées répondent "moins chers" et 25% "avec des passages plus fréquents" selon (1) réalisé dans le cadre du Forum transports & territoires organisé le 25 juin 2015 à Lyon. L'année précédente, 80,1% des personnes interrogées lors de leur trajet par la CLCV (2) jugeaient le prix des transports "assez cher" ou "trop cher".

De tarifs trop économiques

Or, les opérateurs, représentés par l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) répètent, chiffres à l'appui, que les transports en commun ne sont pas payés à leur juste prix. En effet, l'usager ne paie en moyenne que 31% du coût réel. De plus, les tarifs des transports routiers de voyageurs ont baissé, en euros constants, de 4,75% entre 2003 et 2013 alors que les prix des autres services marchands augmentaient entre 21,9% (cantine) et 62,76% (enlèvement des ordures ménagères) sur la même période. Résultat, un Français paie moins cher son billet qu'un européen. En effet, un ticket coûte 1,70 euro à Paris (1,15 euro, prix moyen du billet vendu à l'unité en France) contre 2,60 euros à Berlin et 5,80 euros à Londres, par exemple.

La montée en puissance de la tarification solidaire

Le sondage Harris Interactive montre également que ce sont les ménages aux faibles revenus (41% des foyers vivant avec moins de 1000 euros par mois) qui aimeraient particulièrement des transports en commun moins chers. Or, aujourd'hui, 54,66% des voyages sont effectués avec des titres de transports réduits ou gratuits. Cependant, une tarification en fonction du statut (étudiant, chômeur, senior...) ne permet pas toujours de prendre en compte la réalité économique et sociale des ménages. C'est pourquoi, de plus en plus de réseaux mettent en place une tarification solidaire fondée sur les revenus du foyer qui permet à l'ensemble de ses membres de bénéficier de tarifs réduits à l'image de l'agglomération de Clermont-Ferrand qui met en place trois tranches de réductions au 1er juillet 2015.

Le coût de la voiture sous-évalué

Enfin, si les Français trouvent les transports publics chers, c'est parce qu'ils ne perçoivent pas le coût réel de leur véhicule, et ont tendance à ne prendre en compte que le prix d'achat et l'essence. Or, si l'on ajoute le prix de l'assurance, les frais de révision et d'entretien, de parking et de stationnement, l'automobiliste dépense, en moyenne, 4350 euros par an pour sa voiture. Un véhicule coûte, ainsi, trois fois plus cher que le transport public : 34 centimes par kilomètres contre 10 centimes.

En résumé, les opérateurs ont du pain sur la planche pour inciter les Français à utiliser davantage les transports en commun. Pour faire tomber les idées reçues, il suffit peut-être de les essayer, c'est le but de la Journée du transport public organisée tous les ans durant la semaine de la mobilité qui, cette année, aura lieu le samedi 19 septembre 2015.

Florence Guernalec

(1) Sondage réalisé du 2 au 4 juin 2015 sur un échantillon de 1009 personnes, représentatif des Français âgés de 15 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, CSP et région de l'interviewé(e).
(2) CLCV : Association nationale de défense des consommateurs et usagers