Dans ses bras de fer musclés avec les États pour imposer son modèle, la start-up américaine Uber ne ressort pas toujours gagnante. "Nous avons décidé de suspendre UberPOP en France, dès 20 heures ce vendredi soir". Après une semaine fortement agitée entre les chauffeurs de taxis et les chauffeurs de VTC, le directeur général d'Uber France, Thibaud Simphal a annoncé le 3 juillet 2015 la suspension du service UberPOP, au cœur des manifestations.

Cette décision est prise pour "préserver la sécurité des chauffeurs Uber" et pour se situer "dans un esprit d'apaisement et de dialogue avec les pouvoirs publics" précise-t-il dans une interview donnée au journal Le Monde.

Une volte-face inédite alors que la société américaine avait jusqu'à présent ignoré les nombreuses réclamations et les attaques en justice. La mise en garde à vue et le renvoi de deux dirigeants en correctionnelle dans la foulée du mouvement de colère des taxis, a donc changé la donne même si Thibaud Simphal réfute renoncer à son service où des particuliers s'improvisent chauffeurs de taxis.

"Le facteur principal ici n'est pas la contrainte mais la violence", précise-t-il alors que les nombreuses manifestations ayant éclaté dans toute la France ont offert une certaine publicité à la plateforme. "Près de 10 000 conducteurs occasionnels en France sont inscrits sur la plateforme UberPOP, dont 4 000 ont été actifs la semaine dernière", selon lui. Ceux-ci sont évidemment incités à engager ou poursuivre les démarches afin de devenir chauffeur de VTC pour Uber.

Cette suspension ne marque cependant pas encore la fin d'UberPOP. "Sur le fond, nous nous en remettons à la décision du Conseil constitutionnel attendue en septembre sur l’article de la loi Thévenoud", a-t-il précisé rejetant tout idée de départ de la société. "Je ne suis pas prêt de quitter Uber. On est probablement l'entreprise qui a grossi le plus vite dans l'histoire de l'humanité" conclut-t-il. 

MF avec AFP