Ce pourrait être une grève sans précédent. L'autorité organisatrice Transport for London (TfL) prévient que le service pourrait être totalement interrompu jusqu'au 9 juillet 17H30 GMT, et connaître des perturbations vendredi. Car quelque 20 000 employés des transports en commun représentés par les syndicats RMT, Unite, TSSA et Aslef annoncent un mouvement de grève de 24 heures dans le métro de Londres. En cause, la mise en place d'un nouveau service de nuit le week-end.

London Underground (LU), branche métro de TfL, propose une augmentation de salaire de 2% en 2015, et une prime de 2000 livres (2800 euros) pour les conducteurs. Insuffisant pour les syndicats. Les responsables de LU "ont gâché les chances de règlement du conflit en refusant pendant trois mois de modifier leur position d'un iota, avant de demander aux quatre syndicats d'accepter une offre en une après-midi" à la veille de la grève, a expliqué Finn Brennan, responsable du syndicat de conducteurs Aslef, accusant LU de "suivre la stratégie de la corde raide".

La maire de Paris, Anne Hidalgo qui avait promis pendant la campagne des municipales des métros circulant toute la nuit, doit ainsi mesurer les difficultés sociales qui attendent la RATP. Interrogée sur sur le sujet en février dernier, elle avait réitéré son souhait d'un réseau fonctionnant 24h/24, précisant toutefois que c'est la RATP qui décide, et non la Ville de Paris. Un projet qui fait le pendant à son plan anti-pollution de l'air.

"Ce que j'ai demandé à la RATP et au président de la région Île-de-France, c'est de permettre chaque année de gagner une heure", déclarait-elle. Anne Hidalgo avouait ne pas avoir obtenu leur accord. Le président de la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, estime le coût de cette mesure à 40 millions d'euros par an. Sans doute consciente des difficultés sociales à venir, la maire de Paris se voulait aussi pragmatique et demandait à ce que cette extension de nuit démarre avec les lignes de métro automatiques (lignes 1 et 14) "où il y a moins de personnel engagé".

Outre les négociations salariales, une autre difficulté attendrait la RATP en cas de métro fonctionnant 24h/24, quand seraient réalisés les travaux d'entretien sur le réseau ?

Florence Guernalec (avec AFP)