Dans l'esprit commun, ce n'est pas de l'autre côté des Alpes que l'on va chercher de bonnes idées pour gérer ses services publics. Chassons les idées reçues : le président de la Régie des transports de Marseille (RTM), Karim Zeribi, et une délégation d'élus de Marseille Provence Métropole ont traversé la frontière italienne pour voir comment s'y prennent les Génois pour avoir des transports urbains efficaces (le réseau ATM sera d'ailleurs exploité par RATP Dev en 2011, conséquence de la fusion entre Veolia et Transdev - lire).

Le taux de fraude est faible (3% contre 18% à Marseille) malgré l'absence de portiques dans le métro et le taux d'insécurité négligeable (24 agressions par an selon le directeur du réseau ATM).

Pourquoi ce voyage de l'autre côté des Alpes ? "Pour s'inspirer des bonnes pratiques transposables dans la cité phocéenne", résume Karim Zeribi. Les représentants de la RTM s'étaient déjà déplacés à Nantes pour voir de plus près le Bus à haut niveau de service (BHNS) et à Lyon, ils doivent poursuivre à Montpellier.

"Gênes est une ville assez comparable à Marseille : même configuration géographique avec une taille d'agglomération assez comparable (650 000 habitants contre 840 000 à Marseille, un million pour l'agglomération), un port, une voirie complexe, des rues escarpées", poursuit-il.


Caméras de surveillance des couloirs bus

Principale différence constatée par les élus marseillais : à Gènes, des caméras ont l'œil et permettent de sanctionner automatiquement les automobilistes qui emprutent les couloirs de bus, "sport national à Marseille", selon Karim Zeribi. L'amende coûte 70 euros, mais derrière l'effet dissuasif et les rentrées fiscales (7 millions d'euros par an pour un investissement de 3 millions), la vitesse commerciale des bus s'en trouve améliorée.
"Je veux me battre pour faire équiper en caméras de surveillance dix axes stratégiques, bus et tramway. Soit en tentant d'inscrire cet investissement dans le Plan Caméras de la ville de Marseille, soit en me tournant vers le Fonds d'intervention de la prévention de la délinquance", poursuit le président de la RTM.

Autre bonne pratique observée par les participants à ce voyage d'étude, l'intermodalité entre les transports ferroviaires et urbains. "A Gênes, il y a 5 km de métro, contre 23 km à Marseille, mais toutes les stations fournissent de l'information voyageurs sur les autres modes de transport, bus et trains régionaux".
Après avoir rencontré le vice-président aux transports du conseil régional Jean-Yves Petit, Karim Zeribi doit recevoir le 10 janvier, le directeur régional de la SNCF.
"En gare Saint-Charles, par exemple il n'y a aucune signalétique intermodale, aucune annonce sur les horaires du métro. Entre les quartiers nord et la gare Saint-Charles, il existe une liaison TER en 7 minutes, contre 50 minutes en bus, que personne n'emprunte, faute d'informations voyageurs".
Pour le reste, la visite a été l'occasion de voir fonctionner les bateaux-bus, un projet actuellement dans les cartons de Marseille Provence Metropole.

Nathalie Arensonas

Visionner la vidéo de ce voyage d'étude réalisée par La Chaine Marseillaise (LCM)