Les agglos de Nantes, Lille, Caen, Angers, Toulouse, Cholet, Chambéry, Tours... Les régions Pays de la Loire, Bourgogne, Alsace... Le Gart a interrogé un échantillon de collectivités (1) sur les pratiques d'intermodalité vélo-transports collectifs qui permettent d'augmenter la zone de rayonnement des transports collectifs. L'association d'élus en publie aujourd'hui les bonnes pratiques sur son site web. compile à la fois les actions mises en œuvre par les collectivités et les opérateurs pour mieux lier l'usage du vélo et des transports collectifs, et identifie les leviers qui facilitent cette intermodalité.

Des exemples d'actions

L'enquête du Gart recense trois grands types d'actions mises en places par les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) pour améliorer l'intermodalité vélo-transports collectifs :
- le déploiement d'infrastructures (stationnement, itinéraires cyclables de rabattement vers les stations, modalités d'embarquement des vélos à bord des transports publics) ;
- la création de services de vélos en lien avec les transports (VLS, information intermodale des usagers) ;
- les incitations à pratiquer des trajets intermodaux (quota de places réservées dans les stations aux abonnés aux transports ou abonnement obligatoire, tarification combinée et/ou homogène sur un territoire, billettique commune...)

Un éparpillement des compétences

Pour réussir cette intermodalité, les obstacles ne manquent pas. L'étude du Gart insiste notamment sur "l'importance de la coopération entre collectivités territoriales pour une bonne articulation des politiques de mobilité menée à l'échelle du territoire régional". Les collectivités doivent, en effet, gérer "l'éparpillement des prérogatives ayant trait au vélo (compétence voirie, urbanisme, transports collectifs, pouvoirs de police spéciale de la circulation et du stationnement...) et la diversité des entités détentrices de celles-ci".
Cette coopération est aussi importante pour mobiliser les leviers du financement. Sans oublier les fonds européens. L'étude du Gart cite, en particulier, le projet européen Intermodal Traveller Information SystemS (ITISS).
Enfin, le Gart insiste également sur la nécessité pour une collectivité de maîtriser le foncier afin de mettre en place des infrastructures cyclables adaptées et bien dimensionnées à la demande dans le cas des stations de vélos.

Des AOM en première ligne

En conclusion, l'étude considère qu'"il revient à la région d’être garante du niveau d’intégration des mobilités sur un territoire et du sens global de la politique d’intermodalité. Les préconisations régionales doivent ensuite trouver un écho et une cohérence avec les politiques mises en œuvre localement par les AOM" : "L'aptitude d'une AOT à se positionner en chef de fils est cruciale : à elle de mobiliser des compétences et des financements pour servir la stratégie d'intermodalité, de démontrer aux opérateurs de transports l'intérêt de s'investir dans le vélo et de trouver les montages contractuels qui traduisent adéquatement cet objectif, et de convaincre les citoyens de préférer les pratiques intermodales à l'autosolisme".

Florence Guernalec

(1) Une enquête électronique a été administrée au cours de l’été 2014 auprès de 24 régions, 298 AOM et AO de second rang d’Île-de-France (21 d’entre elles) et quelques collectivités non organisatrices de transport investies dans l’intermodalité (Toulouse Métropole, Métropole de Lyon, ville de Tours…), indifféremment de l’adhésion ou non de ces collectivités au Gart. Cette enquête a obtenu 107 réponses, soit un taux de réponse de l’ordre de 33%.