Le processus de privatisation des transports en commun portugais n'est pas un long fleuve tranquille. Alors qu'à Lisbonne le maire s'est longtemps opposé à la privatisation du réseau Carris attribué mi-juin à l'espagnol Avanza, le gouvernement portugais a décidé d'annuler celle du métro léger de Porto. Pas pour des raisons politiques, mais parce que TCC, le consortium mené par les transports métropolitains de Barcelone (TMB) qui avait remporté la gestion du réseau en avril 2015, n'a pas rempli ses obligations.

TCC n'a pas respecté le délai "pour le versement d'une caution d'environ 20 millions d'euros" dans le cadre du concours pour l'exploitation du service de bus de Porto (STCP), qui restait à attribuer dans le même appel d'offres, a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Économie. La conclusion définitive du contrat était suspendue à l'attribution de la concession du service de bus.

Le concours pour la gestion de l'ensemble des transports en commun de Porto sera relancé "prochainement", a indiqué le gouvernement, alors que des élections législatives se tiendront le 4 octobre 2015.

De quoi aiguiser l'appétit des opérateurs français dont Transdev, présent au Portugal depuis des années et qui fut de 2002 à 2009 opérateur du métro léger (en fait un tramway) de Porto. Le réseau est composé de 6 lignes pour un linéaire total de 67 kilomètres et 81 stations.

L'exécutif de centre droit a mené, depuis 2011, un vaste programme de privatisations qui faisait partie des contreparties au plan d'aide internationale accordé au pays jusqu'en mai 2014, et qui a déjà rapporté plus de 9 milliards d'euros.

Robert Viennet avec AFP