"On travaille activement avec Eurotunnel et les autorités française et britannique au renforcement de la protection du site de Calais-Frethun", a indiqué le porte-parole Nord-pas-de-Calais/Picardie de SNCF Réseau, entreprise chargée des infrastructures ferroviaires. Le tunnel sous la Manche fait l'objet de tentatives d'intrusion de migrants prêts à tout pour gagner la Grande-Bretagne. Elles se sont multipliées en juin-juillet, avant une nette décrue depuis début août.

"Ce renforcement passera par la mise en place de clôtures de haute sécurité identiques à celles posées sur le port de Calais", a-t-il ajouté. Le calendrier de pose n'est pas encore connu mais "tout sera fait pour que ce soit fait le plus rapidement possible".

Le groupe Eurotunnel avait pointé récemment ce site de la SNCF, réclamant qu'il "soit davantage sécurisé", jugeant que les migrants avaient "changé de stratégie" et passaient désormais par ces rails pour atteindre le site du tunnel sous la Manche.

Une force d'action rapide mise en place

SNCF réseau a également engagé plusieurs actions pour sécuriser le site "avec le débroussaillage d'une vingtaine d'hectares au plus près de nos grillages, qui a permis de supprimer les zones d'attente dans lesquelles pouvaient se réfugier les migrants avant de tenter de donner l'assaut".

Autre mesure, SNCF réseau a mis en place cet été "une force de réaction rapide" afin de réparer "sous 24 heures" les clôtures qui sont découpées par les migrants lors des tentatives d'intrusion.

Eurotunnel en appelle aux États

Dans un communiqué daté de fin juillet 2015, l'exploitant du tunnel déclarait que "depuis l'apparition des clandestins dans le Calaisis, Eurotunnel a, au-delà de ses obligations contractuelles, investi massivement dans les moyens physiques (clôtures, éclairages, caméras, barrières infrarouge) et humains de protection du terminal de Coquelles : plus de 160 millions d'euros, dont 13 millions d'euros au premier semestre 2015".

Eurotunnel indiquait également que d'ici la fin de l'année, "de nouvelles clôtures autour des quais d'embarquement" sont prévues, et que "les effectifs de gardiennage ont été doublés, pour atteindre près de 200 personnes, dont des équipes cynophiles". L'exploitant du tunnel sous la Manche ajoutait que "la pression qui s'exerce maintenant chaque nuit dépasse ce qu'un concessionnaire peut raisonnablement faire, et en appelle de manière constructive à une réaction appropriée des États".

Enfin, à l'occasion de la présentation des résultats financiers semestriels d'Eurotunnel en juillet, son PDG Jacques Gounon avait annoncé qu'il réclamait 9,7 millions d'euros aux États français et britannique pour compenser ses dépenses et le manque à  gagner liés à l'afflux des clandestins dénonçant une "sous-estimation chronique" par les autorités du nombre de migrants réellement présents dans la région.

(AFP)